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Le 8e de finale  "accélérateur de la propagation du virus"

 

La rencontre Atalanta Bergame-Valence du 19 février dernier pourrait être le « match-zéro ». D’après divers spécialistes et responsables sanitaires, ce 8e de finale, aller, a pu être un « accélérateur de la propagation du virus » en Lombardie.

Le match de Ligue des champions Atalanta Bergame-Valence a-t-il été une « bombe biologique » ? Certains le pensent. Le 19 février dernier, 45 792 spectateurs, venus en voiture, en car, train ou métro, se trouvaient au stade San Siro de Milan pour ce 8e de finale aller, où l’Atalanta a battu Valence 4 à 1, rapporte l’AFP. Si la menace était encore lointaine, seulement deux jours après la rencontre, le premier décès lié au coronavirus était annoncé en Italie. Quelques jours après, le journaliste espagnol Kike Mateu, qui était présent à Milan le 19 février, était testé positif, chez lui en Espagne. Début mars, on apprenait que le Covid-19 circulait dans la région de Valence, avant le match à Milan. Un homme en est en effet mort le 13 février.

C’est par ailleurs à partir du 4 mars, soit 15 jours après la rencontre, que la courbe du nombre de cas à Bergame a explosé. La ville lombarde est même devenue l’une des zones les plus touchées par l’épidémie.

Atalanta Bergame-Valence : « match-zéro » de la propagation du Covid-19 ?

Selon les responsables sanitaires et autorités locales, ce match a probablement contribué à la gravité de l’épidémie.

« Durant cette soirée, 40 000 habitants de Bergame sont allés à Milan voir le match. Ils se sont regroupés au stade. Beaucoup d’autres l’ont regardé de chez eux, en famille, en groupe, au bar. Il est clair qu’il y a eu une occasion de forte diffusion du virus », a déclaré ce mardi 24 mars 2002 le maire de Bergame Giorgio Gori.

Walter Ricciardi, représentant de l’Italie à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a également estimé ce mardi aussi que le match a été un « accélérateur de la propagation du virus ». « Je pense que le match du 19 février a joué un rôle important. Un tiers de la population de Bergame s’est concentrée dans un stade et a fait la fête », a-t-il indiqué. « Ca n’est pas un hasard si Bergame est la zone la plus touchée et ça n’est pas un hasard si les Valenciens qui sont passés de l’Italie à l’Espagne ont fait office de transmetteurs dans leur pays. »

Divers spécialistes du corps médical tiennent également le même discours. D’après Massimo Galli, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Sacco de Milan, « ce match a certainement pu être un important véhicule de contagion. Je pense que l’épidémie avait commencé avant, dans les campagnes, pendant les foires agricoles ou dans les cafés des villages », a-t-il toutefois précisé.

Le responsable du département pneumologie de l’hôpital Jean XXIII de Bergame, Sera Fabiano Di Marco, a confié au Corriere della serra, que « malheureusement, ça a été une bombe biologique ». Francesco Le Foche, immunologue à l’hôpital Umberto Ier de Rome, évoque, lui, un « match-zéro », dans un entretien accordé au Corriere dello Sport :

« L'agrégation de milliers de personnes, à deux centimètres les unes des autres, en criant, en s'embrassant, a pu favoriser la propagation du virus. Il y a eu ce soir-là une grande expulsion de particules virales par la bouche ou par le nez ».

Et d’ajouter : « Rétrospectivement, ça a été une folie de jouer ce match en public mais les choses n’étaient pas encore très claires. »

Si, trois semaines plus tard, le match retour - gagné 4-2 par les Italiens- s’est joué à huis clos, le club de Valence déclarait 35% de cas positifs parmi ses joueurs et les membres de son staff. De son côté, l’Atalanta entrait en quarantaine.

L.N