
Xavier Saint Macary
Xavier Saint-Macary est un acteur et scénariste français né le 7 juin 1948 à Orléans et mort le 13 mars 1988 à Paris. Actif principalement dans les années 1970 et 1980, il se fait remarquer chez François Truffaut, Alain Cavalier, Jean-Marie Poiré, Patrice Leconte et Claude Sautet. La Nuit américaine, Le Plein de super, Martin et Léa, Les hommes préfèrent les grosses, Ma femme s’appelle reviens, Vivement dimanche ! et Marie Pervenche comptent parmi les principaux repères d’une carrière interrompue brutalement avant ses quarante ans.
Saint-Macary grandit dans une famille où son père est officier de l’armée de l’air. Il passe une partie de son adolescence en Allemagne, notamment à Lahr, avec son frère Hubert, qui deviendra lui aussi acteur. Cette enfance mobile précède une orientation vers le théâtre et le cinéma.
Il se forme au Cours Simon à Paris. Cette école lui apporte une base classique de diction, de scène et d’interprétation. Saint-Macary commence ensuite à obtenir des rôles au début des années 1970, période où le cinéma français se renouvelle entre héritage de la Nouvelle Vague et nouvelles comédies populaires.
La Nuit américaine de François Truffaut en 1973 constitue sa première grande visibilité. Il y interprète Christian, compagnon du personnage joué par Jean-Pierre Aumont dans cette déclaration d’amour au cinéma et au tournage. Le film montre une équipe tentant de terminer une production malgré les crises personnelles et professionnelles.
Participer à La Nuit américaine donne à Saint-Macary une place particulière dans un film devenu l’un des grands classiques de Truffaut. Le récit brouille volontairement les frontières entre vie privée et fabrication du cinéma. Son personnage appartient à cette constellation de relations qui perturbent ou nourrissent le tournage fictif.
La même année, il joue le comte de Guiche dans Le Château perdu, téléfilm historique avec Claude Jade. Il apparaît également dans L’Oiseau rare de Jean-Claude Brialy. Cette concentration de rôles montre une entrée professionnelle très rapide.
Le Plein de super d’Alain Cavalier en 1976 constitue une étape importante car Saint-Macary participe aussi au scénario. Le film suit plusieurs hommes traversant la France en voiture et construit une chronique fondée sur les rencontres, les conversations et les transformations de groupe. Cette expérience révèle un intérêt pour l’écriture au-delà du seul jeu.
Herbie Goes to Monte Carlo en 1977 lui apporte un crédit dans une production Disney internationale. Il y joue le détective Fontenoy, policier français impliqué dans l’intrigue autour de la célèbre Volkswagen. Le registre comique et familial contraste fortement avec ses films d’auteur français.
Martin et Léa d’Alain Cavalier en 1979 lui donne le rôle de Martin. Le film se concentre sur une relation amoureuse avec une approche très dépouillée et intime. Saint-Macary y partage l’écran avec Isabelle Hô, qui devient également sa compagne dans la vie.
Cette même période comprend Ce répondeur ne prend pas de messages, œuvre plus expérimentale où il apparaît dans un univers minimaliste et introspectif. Saint-Macary montre une attirance pour des formes de cinéma très différentes. Sa filmographie ne suit pas une ligne commerciale unique.
Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré en 1981 l’emmène vers la comédie populaire. Il y joue Ronald dans l’adaptation de l’univers de Josiane Balasko. Le film lui permet de montrer un sens du rythme comique plus direct.
Ma femme s’appelle reviens de Patrice Leconte en 1982 constitue un autre succès comique. Il joue aux côtés de Michel Blanc et Anémone dans une histoire de séparation, solitude et rencontres de voisinage. Saint-Macary s’intègre parfaitement à cette génération de comédies françaises fondées sur des personnages urbains maladroits.
En 1983, il retrouve François Truffaut pour Vivement dimanche !. Il y interprète Bertrand Fabre, ancien mari du personnage joué par Fanny Ardant. Le film, tourné en noir et blanc, constitue le dernier long métrage de Truffaut et mélange enquête policière, suspense et comédie.
La télévision lui offre ensuite son rôle le plus durable avec Marie Pervenche. Entre 1984 et 1986, il joue Hervé Lorieux, mari de l’héroïne incarnée par Danièle Évenou. La série rencontre un large public et donne à l’acteur une forte visibilité familiale.
Il continue à tourner dans Détective de Jean-Luc Godard, Signes extérieurs de richesse et plusieurs autres productions. Sa carrière compte une vingtaine de films et séries en moins de deux décennies. Cette densité montre une réelle place dans le paysage audiovisuel français des années 1970-1980.
Quelques jours avec moi de Claude Sautet constitue sa dernière apparition au cinéma. Le film sort en 1988, quelques mois après sa mort. Saint-Macary n’a donc pas l’occasion de poursuivre la nouvelle étape que cette collaboration aurait pu ouvrir.
Il meurt brutalement d’une crise cardiaque à Paris le 13 mars 1988, à trente-neuf ans. Sa disparition interrompt une carrière encore active et empêche son retour prévu dans une nouvelle saison de Marie Pervenche. Il est inhumé à Orléans, sa ville natale.
En 2026, Xavier Saint-Macary reste un visage associé à plusieurs classiques très différents du cinéma français. La Nuit américaine et Vivement dimanche ! l’inscrivent dans l’œuvre de Truffaut, tandis que Le Plein de super et Martin et Léa témoignent de sa proximité avec Alain Cavalier. Sa carrière brève conserve une richesse exceptionnelle par la variété des réalisateurs et des genres traversés.
Parcours et dates clés
Formation / Débuts
– 7 juin 1948 – Naissance à Orléans
– Années 1960 – Formation au Cours Simon
– 1973 – La Nuit américaine – rôle de Christian
Cinéma
– 1973 – Le Château perdu – rôle du comte de Guiche
– 1976 – Le Plein de super – acteur et coscénariste
– 1977 – Herbie Goes to Monte Carlo – détective Fontenoy
– 1979 – Martin et Léa – rôle de Martin
– 1981 – Les hommes préfèrent les grosses – rôle de Ronald
– 1982 – Ma femme s’appelle reviens – participation
– 1983 – Vivement dimanche ! – rôle de Bertrand Fabre
– 1985 – Détective – participation
– 1988 – Quelques jours avec moi – dernière apparition
Télévision
– 1984-1986 – Marie Pervenche – rôle d’Hervé Lorieux
Repères personnels
– 13 mars 1988 – Décès à Paris à 39 ans