Yael Zafrir


Yael Zafrir

Yael Zafrir, également créditée Yael Arad Zafrir, est une actrice, scénariste et réalisatrice israélienne. Formée au Nissan Nativ Acting Studio à Tel-Aviv, elle se fait connaître comme comédienne au théâtre et dans le film The Bubble d’Eytan Fox avant de développer une activité de réalisatrice de courts métrages. Tuesday’s Women, Adam’s Day, The Bubble, Leftovers et Alala High constituent les principaux repères d’un parcours qui relie jeu, écriture et mise en scène.

Elle termine en 2000 sa formation au Nissan Nativ Acting Studio, l’une des écoles les plus reconnues d’Israël. Cette formation lui donne une solide base de théâtre et d’interprétation. Elle poursuit ensuite sa pratique sur les scènes de Tel-Aviv, notamment dans des productions de Habima et du théâtre Tmuna.

Son parcours théâtral comprend des spectacles très différents. Elle joue dans des pièces contemporaines, des comédies et des textes plus expérimentaux, parmi lesquels des productions liées aux Monologues du vagin ou à Phèdre. Cette diversité nourrit un jeu fondé sur la présence scénique et la précision du texte.

Tuesday’s Women au milieu des années 2000 constitue l’un de ses premiers crédits à l’écran. Ce court métrage réalisé par Oded Binnun et Mihal Brezis lui donne le rôle de l’épouse. La production appartient au cinéma indépendant israélien et précède sa participation à un film beaucoup plus largement diffusé.

The Bubble d’Eytan Fox en 2006 la fait connaître auprès d’un public international. Elle y interprète Orna dans un récit consacré à un groupe de jeunes vivant à Tel-Aviv et à la relation amoureuse entre un Israélien et un Palestinien. Le film combine romance, politique et vie quotidienne.

Le personnage d’Orna appartient au cercle d’amis qui entoure les protagonistes. Zafrir contribue à représenter une jeunesse urbaine israélienne qui tente de vivre normalement malgré la violence politique et les frontières. Sa présence s’inscrit dans l’équilibre entre comédie de groupe et tragédie qui caractérise le film.

The Bubble circule dans de nombreux festivals et devient une œuvre importante du cinéma LGBT israélien. La participation de Zafrir lui donne une visibilité internationale supérieure à celle de ses premiers courts métrages. Le film reste encore aujourd’hui son rôle d’actrice le plus facilement identifié à l’étranger.

En 2008, elle apparaît dans Adam’s Day de Jonathan Ofek sous les traits de Noa. Le court métrage suit un adolescent qui se réfugie chez son psychologue et perturbe les projets familiaux de celui-ci. Zafrir participe à une nouvelle production centrée sur les tensions entre adultes et jeunes.

Elle poursuit parallèlement sa formation et développe progressivement un intérêt pour l’écriture et la réalisation. En 2017, elle obtient un Bachelor en cinéma et arts à la Steve Tisch School of Film and Television de l’université de Tel-Aviv. Cette étape formalise le passage de l’interprétation vers la création.

La même année, Leftovers constitue un projet important. Zafrir écrit le scénario et coréalise le court métrage avec Chen Asherov. Le film suit une épouse dévouée à son mari handicapé et confrontée à ses propres besoins affectifs et sexuels.

Leftovers montre déjà un intérêt pour les relations de couple, le désir et les frustrations de la vie quotidienne. Zafrir ne cherche pas les grandes intrigues spectaculaires mais observe des situations intimes où les personnages doivent négocier entre obligations et liberté personnelle. Cette approche se retrouvera dans ses projets ultérieurs.

Elle poursuit également des ateliers de scénario et de jeu. Les biographies de festival mentionnent des formations auprès de Gal Zaid, John Wyatt, Amnon Meskin et Oded Kotler. Cette continuité pédagogique montre une volonté de croiser plusieurs approches du travail d’acteur et de réalisateur.

Alala High, sorti en 2023, marque une nouvelle étape comme réalisatrice. Le court métrage suit un couple qui part dans le désert après avoir décidé de mettre fin à ses habitudes de consommation de substances destinées à pimenter leur relation. Le film adopte un ton comique, direct et parfois provocateur.

Le projet est présenté dans plusieurs festivals internationaux. En 2024, il reçoit notamment un prix du meilleur court métrage international au LHIFF de Barcelone. Cette reconnaissance confirme la transition de Zafrir d’actrice vers auteure-réalisatrice.

Son parcours reste cependant lié au théâtre, qui constitue la base de sa formation et de sa pratique. L’expérience d’interprète influence naturellement sa manière de diriger les acteurs et de construire les dialogues. Ses films accordent une grande place au comportement, au corps et aux tensions de couple.

En 2026, Yael Zafrir apparaît comme une artiste israélienne passée progressivement du jeu à l’écriture et à la réalisation. The Bubble demeure son principal repère d’actrice, tandis que Leftovers et Alala High montrent une identité de cinéaste de plus en plus affirmée. Son parcours relie ainsi scène, cinéma indépendant et formation universitaire avec une grande cohérence.

La transition vers la réalisation ne signifie pas que Zafrir renie son expérience d’actrice. Au contraire, ses courts métrages reposent sur des situations où les comportements, les corps et les dialogues des interprètes constituent le moteur principal. Sa connaissance du plateau des deux côtés de la caméra devient ainsi une ressource directe dans son travail d’auteure.

Parcours et dates clés

Formation
– 2000 – Diplôme du Nissan Nativ Acting Studio à Tel-Aviv
– 2017 – Bachelor cinéma et arts, Steve Tisch School of Film and Television, université de Tel-Aviv

Interprétation
– 2005 – Tuesday’s Women – rôle de l’épouse
– 2006 – The Bubble – rôle d’Orna
– 2008 – Adam’s Day – rôle de Noa

Réalisation / Scénario
– 2017 – Leftovers – scénariste et coréalisatrice
– 2023 – Alala High – réalisatrice

Distinctions
– 2024 – Alala High récompensé au LHIFF de Barcelone

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