Yann Lequellec


Yann Lequellec

Yann Le Quellec est un réalisateur, scénariste, producteur et auteur de bande dessinée français. Diplômé d’HEC Paris, il commence sa carrière dans le financement du cinéma avant de passer progressivement à l’écriture et à la réalisation. Je sens le beat qui monte en moi, Le Quepa sur la vilni !, Cornélius, le meunier hurlant et ses romans graphiques consacrés notamment au château d’Hérouville constituent les principaux repères d’un parcours situé entre création et production.

Sa formation à HEC lui donne d’abord une compétence économique et financière qui l’oriente vers l’industrie cinématographique par un chemin inhabituel. Plutôt que de commencer comme assistant réalisateur, il travaille sur les mécanismes de financement des films. Cette connaissance de l’économie du cinéma deviendra une base importante de son activité de producteur.

Le Quellec participe à la création et à la direction des SOFICA Cinémage, structures destinées à financer la production audiovisuelle et cinématographique. Au fil des années, ces sociétés sont associées à des centaines de longs métrages. Cette activité lui donne une vision très large des conditions concrètes nécessaires pour faire exister un projet.

Il développe également White Light Films et Les Films de mon moulin. Ces structures prolongent son intérêt pour la production indépendante et lui permettent d’accompagner des films au-delà du seul financement. Le passage à la réalisation apparaît ainsi comme l’évolution naturelle d’un professionnel qui connaît déjà très bien la fabrication des œuvres.

En 2012, il écrit et réalise Je sens le beat qui monte en moi. Le moyen métrage raconte une relation singulière entre une femme souffrant d’un trouble qui la pousse à danser de manière incontrôlable et un homme dont elle se rapproche. Le film mêle humour, musique et romantisme avec une mise en scène très personnelle.

Je sens le beat qui monte en moi connaît une importante carrière en festivals. Il reçoit notamment le prix du public à Brive, ainsi que plusieurs récompenses dans des manifestations françaises et internationales. Cette réception attire l’attention sur un réalisateur capable de transformer une idée décalée en récit tendre et musical.

Le Quepa sur la vilni ! en 2013 confirme cette singularité. Le film suit une petite équipe parcourant les routes pour annoncer l’ouverture d’un cinéma dans un village, sous la direction d’un personnage interprété par Bernard Ménez. Le récit mêle road movie, burlesque et amour du cinéma populaire.

Le moyen métrage reçoit le Prix Jean-Vigo et est présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Il circule aussi à Clermont-Ferrand et dans de nombreux festivals. Avec le film précédent, il bénéficie ensuite d’une sortie nationale en salles en 2014, situation rare pour des moyens métrages.

Le Quellec passe au long métrage avec Cornélius, le meunier hurlant. Adapté d’un roman d’Arto Paasilinna, le film raconte l’installation d’un homme fantasque dans un village de montagne et les réactions provoquées par son comportement. Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier et Gustave Kervern appartiennent à la distribution.

Ce projet prolonge son goût pour les personnages marginaux, les communautés locales et les univers légèrement absurdes. Le film met en scène un homme qui dérange autant qu’il fascine et utilise le paysage comme un élément narratif majeur. La comédie se mêle à une réflexion sur la différence et l’intolérance.

En parallèle du cinéma, Yann Le Quellec développe une activité d’auteur de bande dessinée. Il publie notamment Love is in the Air (guitare) puis travaille avec le dessinateur Romain Ronzeau sur un projet consacré au château d’Hérouville et à Michel Magne. Cette nouvelle forme lui permet d’explorer des histoires trop vastes pour ses seuls films.

Les Amants d’Hérouville, publié chez Delcourt, raconte l’histoire du compositeur Michel Magne et du célèbre studio installé dans un château du Val-d’Oise. David Bowie, Elton John, Pink Floyd et plusieurs grands artistes y ont enregistré. Le Quellec transforme cette histoire musicale en récit graphique mêlant utopie, création et démesure.

Son travail de producteur demeure actif parallèlement à l’écriture. Les SOFICA Cinémage continuent à soutenir de nombreux films français et internationaux, y compris des œuvres sélectionnées dans les grands festivals. Cette activité lui permet de rester au contact permanent de la production contemporaine.

En 2026, son profil professionnel le présente toujours comme auteur de romans graphiques, scénariste, réalisateur et producteur. Cette combinaison résume bien une carrière qui refuse de séparer création artistique et connaissance économique. Peu de cinéastes français ont développé une telle continuité entre financement, court métrage, long métrage et bande dessinée.

En 2026, Yann Le Quellec apparaît donc comme un auteur au parcours particulièrement hybride. Le Quepa sur la vilni ! reste son œuvre cinématographique la plus récompensée, tandis que son travail autour d’Hérouville élargit son univers vers la musique et le roman graphique. Son expérience de producteur donne à l’ensemble une cohérence fondée sur une connaissance très concrète de la création.

Le rapport de Le Quellec à la musique traverse plusieurs de ses projets et ne constitue pas un simple décor. Dans Je sens le beat qui monte en moi, le rythme devient littéralement un élément dramatique, tandis que Les Amants d’Hérouville raconte un lieu où création musicale, technologie et utopie collective se sont rencontrées. Cette continuité donne à son œuvre une identité très reconnaissable malgré la diversité des supports.

Parcours et dates clés

Formation / Production
– 1994-1997 – Études à HEC Paris
– Années 2000 – Création et direction des SOFICA Cinémage
– Date non précisée – Développement de White Light Films / Les Films de mon moulin

Réalisation
– 2012 – Je sens le beat qui monte en moi – écriture et réalisation
– 2013 – Le Quepa sur la vilni ! – écriture et réalisation
– 2014 – Sortie nationale en salles des deux moyens métrages
– 2017-2018 – Cornélius, le meunier hurlant – premier long métrage

Distinctions
– 2012 – Plusieurs prix du public et de festivals pour Je sens le beat qui monte en moi
– 2013 – Prix Jean-Vigo pour Le Quepa sur la vilni !
– 2013 – Présentation à la Quinzaine des réalisateurs

Bande dessinée
– Date non précisée – Love is in the Air (guitare)
– 2021 – Les Amants d’Hérouville avec Romain Ronzeau

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