
Yul Brynner
Yul Brynner, né Yuliy Borisovich Bryner le 11 juillet 1920 à Vladivostok et mort le 10 octobre 1985 à New York, est l’une des grandes stars internationales du cinéma et du théâtre du XXe siècle. Son crâne rasé, sa voix grave et sa présence physique en font une silhouette immédiatement reconnaissable, notamment dans The King and I, Les Dix Commandements, Anastasia et Les Sept Mercenaires. Il remporte l’Oscar du meilleur acteur en 1957 pour son interprétation du roi Mongkut de Siam.
Brynner entretient volontairement de nombreux mythes sur ses origines et son enfance, donnant parfois des dates et lieux de naissance différents. Les recherches biographiques ultérieures établissent cependant qu’il est né à Vladivostok dans une famille aux origines russes, suisses et asiatiques. Cette tendance à construire sa propre légende deviendra une composante importante de son image publique.
Après le départ de son père, il vit avec sa mère et sa sœur à Harbin, en Chine, puis rejoint Paris dans les années 1930. Il fréquente alors les milieux russes émigrés et gagne de l’argent comme musicien, jouant de la guitare et chantant dans des cabarets. Cette période parisienne lui donne une première expérience de scène bien avant qu’il devienne acteur professionnel.
Il travaille aussi comme trapéziste au Cirque d’Hiver et mène pendant quelque temps une vie très physique. Une blessure au dos met fin à cette activité et l’oblige à réorienter son parcours. Il fréquente alors le milieu théâtral et rencontre notamment Jean Cocteau, qui l’introduit à plusieurs figures de la vie artistique parisienne.
En 1941, Brynner part aux États-Unis et suit l’enseignement de Michael Chekhov. Il travaille également pour l’Office of War Information grâce à sa maîtrise du français, participant à des émissions destinées à l’Europe occupée. Ses premières expériences à Broadway et dans la télévision naissante préparent une carrière dont le véritable tournant arrive au début des années 1950.
En 1951, il est choisi pour jouer le roi Mongkut dans The King and I de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II. Pour le rôle, il se rase la tête, choix esthétique qui devient immédiatement sa marque de fabrique. Son mélange d’autorité, de sensualité, d’humour et de fragilité transforme le personnage en phénomène de Broadway.
Il joue le rôle plus de mille fois lors de la première grande période de la production, puis le reprend au cinéma en 1956 face à Deborah Kerr. L’adaptation connaît un grand succès et Brynner reçoit l’Oscar du meilleur acteur. Peu de comédiens ont réussi à transformer un rôle de théâtre en image cinématographique aussi durable.
La même année, il incarne Ramsès II dans Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille. Face à Charlton Heston, il construit un pharaon fier, jaloux et autoritaire dont le duel avec Moïse devient l’un des grands affrontements du cinéma biblique hollywoodien. Le succès colossal du film installe définitivement Brynner parmi les grandes vedettes mondiales.
Toujours en 1956, Anastasia lui offre un troisième film majeur aux côtés d’Ingrid Bergman. Cette concentration de rôles emblématiques en une seule année est exceptionnelle et explique la rapidité avec laquelle il accède au statut de star. Son accent, son apparence et son histoire cosmopolite lui permettent d’incarner des personnages de nationalités très différentes.
En 1960, Les Sept Mercenaires de John Sturges lui donne le rôle de Chris Adams, chef d’un groupe de pistoleros chargé de défendre un village mexicain. Adapté des Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa, le film devient un classique du western et donne naissance à plusieurs suites. Brynner reprend Chris dans Return of the Seven en 1966.
Sa filmographie comprend également Taras Bulba, Kings of the Sun, Morituri, Triple Cross, Villa Rides, Le Phare du bout du monde, Westworld et Futureworld. Westworld en 1973 détourne de manière particulièrement brillante son image des Sept Mercenaires en lui faisant incarner un robot pistolero implacable. Le personnage devient une figure majeure de la science-fiction et inspirera plus tard la série télévisée du même nom.
Malgré sa carrière de cinéma, Brynner ne cesse jamais de revenir à The King and I. Dans les années 1970 et 1980, il reprend le rôle sur scène et porte le nombre total de représentations à plusieurs milliers. Cette fidélité montre qu’au-delà de l’image hollywoodienne, le théâtre reste le centre le plus durable de sa carrière.
Brynner pratique également la photographie et publie des livres. Son regard de photographe documente les tournages, les voyages et les personnes qu’il rencontre, révélant une activité artistique moins connue du grand public. Il s’intéresse aussi aux questions humanitaires et photographie notamment des réfugiés dans différentes régions du monde.
Grand fumeur pendant de nombreuses années, il est atteint d’un cancer du poumon. Avant sa mort, il enregistre un message de prévention contre le tabac destiné à être diffusé après son décès, déclaration qui marquera fortement le public américain. Il meurt à New York le 10 octobre 1985 à l’âge de 65 ans.
En 2026, Yul Brynner demeure l’une des silhouettes les plus reconnaissables du cinéma classique. The King and I lui a donné un rôle qu’il a porté pendant plus de trente ans, Les Dix Commandements et Les Sept Mercenaires ont créé deux autres icônes, et Westworld a montré sa capacité à utiliser son propre mythe dans un registre futuriste. Sa carrière relie cabarets parisiens, Broadway, superproductions hollywoodiennes et science-fiction dans un parcours véritablement international.
Parcours et dates clés
Théâtre
– 1941 – Premières activités théâtrales aux États-Unis
– 1946 – Lute Song – Broadway
– 1951 – The King and I – création du rôle du roi Mongkut à Broadway
– Années 1970-1985 – Reprises de The King and I et plusieurs milliers de représentations cumulées
Cinéma
– 1949 – Port of New York – premier film
– 1956 – The King and I – rôle du roi Mongkut
– 1956 – Les Dix Commandements – rôle de Ramsès II
– 1956 – Anastasia – rôle du général Bounine
– 1960 – Les Sept Mercenaires – rôle de Chris Adams
– 1962 – Taras Bulba – rôle principal
– 1966 – Return of the Seven – reprise de Chris Adams
– 1973 – Westworld – rôle du pistolero robot
– 1976 – Futureworld – reprise de l’image du pistolero
Distinctions
– 1952 – Tony Award pour The King and I
– 1957 – Oscar du meilleur acteur pour The King and I
– Date non précisée – Étoile sur le Hollywood Walk of Fame
Repères personnels
– 11 juillet 1920 – Naissance à Vladivostok
– Années 1930 – Installation à Paris et activités de musicien puis trapéziste
– 1941 – Installation aux États-Unis
– 10 octobre 1985 – Décès à New York