
Thélyson Orélien
Thélyson Orélien est un écrivain, poète et chroniqueur québécois d’origine haïtienne, né en 1988 aux Gonaïves, en Haïti. Son parcours littéraire s’est construit entre son pays natal et le Québec, où il s’installe en 2010, après le séisme qui frappe durement Haïti au mois de janvier de cette année-là. Cette double appartenance géographique et culturelle occupe une place essentielle dans son écriture, nourrie par les questions de mémoire, d’exil, de déplacement et d’appartenance. Avant de connaître une importante reconnaissance comme romancier, il écrit de la poésie pendant de nombreuses années et développe une œuvre dans laquelle la langue française devient à la fois un espace littéraire et un moyen d’explorer les blessures, les souvenirs et les transformations provoquées par l’éloignement.
Le goût de Thélyson Orélien pour les livres remonte à son enfance. Il a expliqué que son père, comptable ayant également étudié la théologie, contribuait à faire entrer les livres dans la maison familiale. Lors de ses déplacements professionnels, celui-ci rapportait notamment des romans et des encyclopédies. Ses parents encouragent son goût pour la lecture ainsi que les premiers poèmes qu’il écrit. Cette relation précoce aux textes accompagne le développement d’une vocation qui s’exprime publiquement alors qu’il est encore très jeune. Bien avant son succès romanesque de 2026, l’écriture constitue ainsi une activité durable et structurante de son parcours.
En 2006 paraît Au-delà du silence, l’un de ses premiers recueils de poésie. L’année suivante, son texte Les Couleurs de ma terre lui vaut une distinction au Prix international des jeunes auteurs, organisé en Suisse. Ce prix obtenu en 2007 constitue l’un des premiers signes de reconnaissance de son travail hors d’Haïti. Plusieurs de ses textes de cette période abordent déjà la terre natale, la violence, la mémoire et les fragilités de l’existence. Son parcours poétique se poursuit ensuite, notamment avec Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix en 2011 et Le Temps qui reste en 2015. La poésie reste par la suite très présente dans son univers littéraire, y compris lorsqu’il se tourne vers la forme romanesque.
En 2010, Thélyson Orélien quitte Haïti et s’installe au Québec. Cette nouvelle étape modifie son rapport à son pays d’origine sans rompre le lien qui l’unit à celui-ci. Il a expliqué que l’exil lui avait donné une double manière de regarder le monde : la personne qui quitte un pays continue à le porter en elle tout en apprenant à l’observer à distance. Cette expérience nourrit progressivement son travail autour de l’appartenance, de la maison, des frontières et de la reconstruction d’une vie ailleurs. L’auteur insiste toutefois sur la distinction entre sa propre expérience et celle des personnages qu’il crée, refusant notamment de présenter son futur héros Jonas Dorléon comme son double autobiographique.
Pendant les années qui suivent son installation au Canada, Thélyson Orélien poursuit son travail d’écriture sous différentes formes. Poète, chroniqueur et critique, il participe à la vie intellectuelle et littéraire francophone tout en continuant à interroger les identités multiples et la mémoire haïtienne. Son écriture s’intéresse particulièrement à ce qui subsiste lorsqu’un individu change de territoire : les souvenirs, la langue, les liens familiaux, mais aussi les blessures et les contradictions liées à la migration. Cette longue pratique de la poésie joue un rôle déterminant dans la construction de son style, caractérisé par l’importance des images, du rythme et d’une langue qui cherche à préserver la dignité des personnages même lorsqu’ils traversent des situations extrêmement violentes.
En mars 2026, les Éditions du Boréal publient au Québec C’était ça ou mourir, présenté par l’auteur et ses éditeurs comme son premier roman. Le livre raconte le parcours de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie contraint de fuir Haïti lorsque la violence embrase son quartier de Port-au-Prince. Il quitte son pays avec très peu de biens : son diplôme, un cahier de poèmes et une photographie de sa mère. Commence alors un long voyage qui le conduit notamment en République dominicaine, au Brésil et au Mexique, avant la traversée de territoires de plus en plus dangereux dans l’espoir d’atteindre le Canada.
Pour construire cette histoire, Thélyson Orélien s’appuie sur de nombreux récits de personnes en situation d’exil qu’il a rencontrées au Canada, dans son entourage ou par l’intermédiaire d’associations. Il précise que C’était ça ou mourir n’est ni un témoignage ni une autobiographie. Son objectif consiste plutôt à transformer une mémoire collective de la migration en fiction et à replacer l’être humain derrière les catégories administratives ou politiques. Jonas n’est donc pas seulement présenté comme un migrant : le personnage reste un professeur, un poète, un fils, un homme capable d’humour, de peur, de désir et de dignité. La poésie qu’il écrit au cours de son voyage permet également au roman de conserver un espace pour la beauté et la mémoire au milieu d’une expérience dominée par la survie.
La publication du livre provoque rapidement un important écho. Après sa sortie québécoise aux Éditions du Boréal, C’était ça ou mourir paraît en France chez Grasset le 19 août 2026. Les droits du roman sont acquis dans de nombreux territoires et Grasset indique que l’ouvrage est en cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues. Cette diffusion donne au texte une dimension internationale exceptionnelle pour un premier roman. Le sujet du livre rencontre également une actualité marquée par les débats sur les migrations, mais l’auteur refuse d’en faire uniquement un texte politique : il explique chercher avant tout à raconter une expérience humaine et à montrer ce que deviennent les individus lorsque leur sécurité, leur maison et leurs repères disparaissent.
L’année 2026 transforme ainsi profondément la place de Thélyson Orélien dans le paysage littéraire francophone. C’était ça ou mourir reçoit plusieurs marques de reconnaissance au cours de sa diffusion et attire l’attention des jurys de la rentrée littéraire française. Le roman figure notamment dans la première sélection du Prix Médicis et connaît une importante exposition médiatique en France comme au Québec. Ces sélections accompagnent un accueil critique qui souligne régulièrement la dimension poétique du texte et sa manière de restituer physiquement la marche, la faim, la peur, les frontières et l’épuisement sans réduire les personnages à leur souffrance.
Le 21 septembre 2026, Thélyson Orélien remporte le Prix du Roman Fnac 2026 pour C’était ça ou mourir. Cette 25e édition du prix repose sur un jury réunissant 400 libraires Fnac et 400 lecteurs adhérents. Son roman faisait partie des cinq finalistes après une première sélection de trente titres examinés parmi plus de 250 ouvrages de la rentrée littéraire. La distinction lui est remise à Paris et lui permet de succéder à John Boyne, lauréat de l’édition 2025. Pour Thélyson Orélien, cette récompense possède une importance particulière parce qu’elle associe le regard des professionnels du livre et celui des lecteurs, deux publics qui participent directement à la circulation et à la découverte des œuvres.
À travers ce succès, la trajectoire de Thélyson Orélien prend une nouvelle dimension sans effacer les années consacrées à la poésie qui précèdent son arrivée sur la scène romanesque. Son parcours relie désormais les Gonaïves, le Québec et la rentrée littéraire française, tandis que son premier roman trouve des lecteurs dans de nombreux pays. La mémoire, l’exil et l’appartenance demeurent au centre de son univers, mais son écriture s’attache surtout à rappeler la singularité des êtres humains derrière les mouvements de population. Avec le Prix du Roman Fnac 2026, C’était ça ou mourir devient l’œuvre qui fait connaître largement une voix littéraire développée depuis près de vingt ans et place Thélyson Orélien parmi les auteurs francophones particulièrement remarqués de l’année 2026.
Parcours et dates clés
Écriture et littérature
– 1988 – Naissance aux Gonaïves, en Haïti
– 2006 – Publication du recueil de poésie Au-delà du silence
– 2007 – Les Couleurs de ma terre – Prix international des jeunes auteurs en Suisse
– 2010 – Installation au Québec après le séisme qui frappe Haïti
– 2011 – Publication de Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix
– 2015 – Publication du recueil Le Temps qui reste
– 9 mars 2026 – Publication au Québec de C’était ça ou mourir aux Éditions du Boréal
– 19 août 2026 – Publication française de C’était ça ou mourir chez Grasset
Distinctions et événements
– 2026 – C’était ça ou mourir figure dans la première sélection du Prix Médicis
– 21 septembre 2026 – Prix du Roman Fnac 2026 pour C’était ça ou mourir