L'Exorciste
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Virginia Elizabeth Davis, connue sous le nom de Geena Davis, est une actrice, productrice et militante américaine née le 21 janvier 1956 à Wareham, dans le Massachusetts. Très grande et passionnée par les arts, elle étudie le théâtre avant de travailler comme mannequin à New York. Son parcours se distingue par une arrivée relativement tardive au cinéma par rapport à de nombreuses actrices devenues célèbres très jeunes. Cette maturation lui donne une présence particulière et une capacité à passer rapidement de la comédie au drame, qualité qui caractérisera l’ensemble de sa filmographie.
Elle fait ses débuts au cinéma dans Tootsie de Sydney Pollack en 1982, aux côtés de Dustin Hoffman. Le rôle est encore secondaire mais lui donne immédiatement une visibilité importante dans l’une des comédies américaines les plus remarquées de la décennie. Elle travaille ensuite à la télévision et participe notamment à Buffalo Bill et Sara. Ces expériences lui permettent de développer un sens du rythme comique qui deviendra essentiel dans plusieurs de ses films les plus populaires.
Au milieu des années 1980, Geena Davis obtient des rôles de plus en plus importants. Elle joue dans Fletch puis surtout dans La Mouche de David Cronenberg en 1986, face à Jeff Goldblum. Le film mêle romance, science-fiction et horreur corporelle et devient rapidement une référence du genre. Davis y apporte une dimension émotionnelle essentielle, car son personnage accompagne la transformation physique et psychologique du scientifique joué par Goldblum tout en étant confronté à une situation de plus en plus terrifiante.
En 1988, elle connaît une année décisive avec Beetlejuice de Tim Burton et Voyageur malgré lui de Lawrence Kasdan. Dans Beetlejuice, elle incarne Barbara Maitland, jeune femme morte avec son mari et obligée de partager sa maison avec de nouveaux occupants. Le film devient un immense succès populaire et l’un des classiques de Tim Burton. La même année, son rôle dans Voyageur malgré lui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, consacrant une progression extrêmement rapide.
Geena Davis devient ensuite l’une des actrices emblématiques du début des années 1990. En 1991, elle partage l’affiche de Thelma & Louise avec Susan Sarandon sous la direction de Ridley Scott. Son personnage de Thelma Dickinson passe progressivement de l’insatisfaction domestique à une forme de libération radicale au fil d’une fuite qui devient mythique. Le film s’impose comme une référence culturelle majeure et vaut à Davis une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice.
L’année suivante, elle porte Une équipe hors du commun de Penny Marshall, où elle incarne Dottie Hinson, joueuse de baseball recrutée dans une ligue professionnelle féminine durant la Seconde Guerre mondiale. Aux côtés de Tom Hanks, Lori Petty, Madonna et Rosie O’Donnell, elle contribue à populariser l’histoire des joueuses de l’All-American Girls Professional Baseball League. Le film devient lui aussi un classique et renforce son association à des personnages féminins actifs, compétents et capables d’occuper des espaces traditionnellement dominés par les hommes.
Durant les années 1990, elle poursuit avec Hero, Angie, Speechless, L’Île aux pirates et Au revoir à jamais. Ces projets connaissent des fortunes commerciales différentes, mais montrent qu’elle refuse de limiter sa carrière à un seul type de personnage. L’Île aux pirates, réalisé par Renny Harlin, est un échec financier important malgré son ambition spectaculaire, tandis qu’Au revoir à jamais lui permet d’incarner une femme découvrant qu’elle possède un passé d’assassine. Davis prend ensuite davantage de distance avec le rythme intensif d’Hollywood.
Elle revient régulièrement à la télévision et obtient un rôle majeur dans Commander in Chief en 2005. Elle y incarne Mackenzie Allen, vice-présidente qui devient présidente des États-Unis après la mort du chef de l’État. La série lui vaut un Golden Globe et lui permet d’explorer les obstacles politiques et symboliques rencontrés par une femme occupant la fonction suprême. Même si le programme ne dure qu’une saison, il participe à une réflexion plus large sur la représentation des femmes dans les médias.
Cette question devient centrale dans son engagement public. En 2004, elle lance les travaux qui conduisent au Geena Davis Institute on Gender in Media, organisation consacrée à l’étude et à l’amélioration de la représentation des femmes et des filles dans les contenus destinés au jeune public. L’institut produit des recherches quantitatives sur la présence, les métiers et le temps de parole des personnages féminins. Davis transforme ainsi son expérience personnelle d’actrice en action structurée visant à modifier les pratiques de l’industrie audiovisuelle.
Son engagement est reconnu par de nombreuses distinctions. En 2019, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui remet le Jean Hersholt Humanitarian Award pour son action en faveur de l’égalité et de la représentation. Elle reçoit également des hommages liés à l’ensemble de sa carrière et continue à intervenir dans les débats sur l’inclusion à Hollywood. Cette activité militante ne remplace pas son travail d’actrice, mais devient un second pilier de son identité publique.
Dans les années 2010 et 2020, Geena Davis alterne rôles choisis et apparitions télévisées. Elle joue notamment dans Grey’s Anatomy, GLOW et Ava, puis rejoint L’Exorciste en 2016 dans le rôle d’Angela Rance. Ce personnage lui permet de revenir à l’horreur plusieurs décennies après La Mouche tout en établissant un lien direct avec la mythologie du film original. Sa présence donne à la série une dimension générationnelle et renforce l’impact de la révélation concernant l’histoire personnelle d’Angela.
Geena Davis a ainsi construit une carrière dont plusieurs films sont devenus des références durables de la culture populaire. Beetlejuice, Thelma & Louise et Une équipe hors du commun sont régulièrement redécouverts, tandis que son Oscar pour Voyageur malgré lui rappelle la qualité dramatique d’une actrice souvent associée à la comédie. Son engagement pour l’égalité dans les médias a prolongé cette influence au-delà des rôles qu’elle interprète. En 2026, elle demeure une figure majeure d’Hollywood, à la fois pour ses performances et pour le travail institutionnel engagé afin de faire évoluer la représentation des femmes à l’écran.
Parcours et dates clés
Cinéma
– 1982 – Tootsie – April Page
– 1986 – La Mouche – Veronica Quaife
– 1988 – Beetlejuice – Barbara Maitland
– 1988 – Voyageur malgré lui – Muriel Pritchett
– 1991 – Thelma & Louise – Thelma Dickinson
– 1992 – Une équipe hors du commun – Dottie Hinson
– 1995 – L’Île aux pirates – Morgan Adams
– 1996 – Au revoir à jamais – Samantha Caine / Charly Baltimore
– 2020 – Ava – Bobbi
Télévision / Séries
– 2005 à 2006 – Commander in Chief – Mackenzie Allen
– 2014 à 2018 – Grey’s Anatomy – Dr Nicole Herman
– 2016 – L’Exorciste – Angela Rance
– 2019 – GLOW – Sandy Devereaux St. Clair
Récompenses et distinctions
– 1989 – Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Voyageur malgré lui
– 1992 – Nomination à l’Oscar de la meilleure actrice pour Thelma & Louise
– 2006 – Golden Globe de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Commander in Chief
– 2019 – Jean Hersholt Humanitarian Award
Engagement
– 2004 à 2007 – Création et développement du Geena Davis Institute on Gender in Media
Repères personnels
– 21 janvier 1956 – Naissance à Wareham, Massachusetts, États-Unis