Le Prince oublié
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François Damiens est un acteur, humoriste et réalisateur belge né le 17 janvier 1973 à Uccle, dans la région de Bruxelles-Capitale. Il se fait d’abord connaître grâce à ses caméras cachées, dans lesquelles il piège des anonymes sous l’identité de personnages souvent absurdes, maladroits ou franchement insupportables, avant de réussir une transition particulièrement solide vers le cinéma. À partir des années 2000, il devient un second rôle très recherché puis un acteur de premier plan, capable de passer de la comédie au drame sans perdre la singularité de son jeu. En 2026, il reste très actif avec Les Lionnes, Police Flash 80 et Surveillant !, tandis que plusieurs nouveaux projets sont déjà annoncés pour 2027.
François Damiens grandit en Belgique et ne se destine pas immédiatement à la scène. Après des études orientées vers le commerce, il travaille un temps dans l’audiovisuel et la production, univers qui lui permet de comprendre la fabrication d’une émission avant même d’y apparaître. Son tempérament comique et son goût pour l’improvisation l’amènent progressivement vers un concept de caméra cachée destiné à la télévision belge. Il adopte alors une méthode fondée sur l’incarnation totale d’un personnage, sans chercher à faire rire directement la caméra.
Ses séquences deviennent populaires sous le nom de François l’Embrouille. Damiens y joue des garagistes, vendeurs, employés, animateurs ou responsables de service capables de pousser leurs interlocuteurs à bout tout en conservant un sérieux absolu. La force de ces caméras cachées repose moins sur une succession de plaisanteries que sur sa capacité à improviser, à écouter les réactions et à maintenir une situation crédible pendant de longues minutes. Ce travail devient une véritable école d’acteur, puisqu’il apprend à adapter instantanément son comportement à des partenaires qui ignorent qu’ils participent à une scène.
La diffusion de ses caméras cachées en Belgique puis en France lui apporte une notoriété importante au début des années 2000. Cette popularité aurait pu l’enfermer dans un personnage télévisuel, mais François Damiens commence parallèlement à accepter des rôles au cinéma. Il apparaît dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions en 2006, puis dans Dikkenek la même année, film belge devenu culte. Ces premières expériences montrent que son humour peut fonctionner à l’intérieur d’un scénario sans dépendre du dispositif de la caméra cachée.
Au fil des années, il se fait une place dans de nombreuses comédies françaises. Il joue dans JCVD, La Personne aux deux personnes, Incognito ou encore Le Petit Nicolas, en apportant souvent une présence légèrement décalée à des films très différents. Son visage devient familier du grand public et les réalisateurs comprennent qu’il peut créer un personnage en quelques scènes grâce à sa diction, son regard et sa manière de laisser surgir une gêne ou une émotion au milieu du comique. Cette qualité prépare le rôle qui va véritablement modifier sa carrière.
En 2010, il interprète Marc dans L’Arnacœur de Pascal Chaumeil, aux côtés de Romain Duris et Vanessa Paradis. Son rôle de complice technique et sentimental du héros lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle. Le succès du film confirme qu’il n’est plus seulement un humoriste invité au cinéma mais un acteur capable de s’intégrer à une comédie romantique construite autour d’un véritable ensemble. Dès l’année suivante, Une pure affaire lui donne un rôle beaucoup plus central.
François Damiens continue alors à alterner premiers et seconds rôles. Il apparaît dans La Délicatesse, Torpédo, Suzanne, La Famille Bélier et Les Cowboys, explorant progressivement des registres plus dramatiques. Dans Suzanne de Katell Quillévéré, il joue un père confronté aux choix difficiles de ses filles, tandis que La Famille Bélier le place dans un immense succès populaire où il incarne le père sourd d’une adolescente qui veut devenir chanteuse. Ces films permettent au public de découvrir une dimension plus fragile et plus sensible de son jeu.
Les Cowboys de Thomas Bidegain, sorti en 2015, constitue une autre étape importante. Damiens y interprète Alain, père obsédé par la disparition de sa fille et prêt à parcourir des années et plusieurs pays pour tenter de la retrouver. Le film s’éloigne radicalement de ses caméras cachées et montre un acteur capable de porter un personnage usé par l’attente, la colère et la culpabilité. Cette performance renforce son statut dans le cinéma d’auteur français et belge.
En 2018, il passe lui-même à la réalisation avec Mon Ket. Le projet constitue un retour très particulier à ses premières méthodes de travail, puisque le film est tourné en grande partie avec des caméras dissimulées et mélange acteurs professionnels et personnes qui ne savent pas toujours qu’elles participent à une fiction. François Damiens y interprète Dany Versavel, père évadé de prison qui tente de renouer avec son fils. Le film lui permet de réunir la caméra cachée, l’improvisation et la narration cinématographique dans un dispositif qui lui ressemble profondément.
Les années suivantes confirment sa capacité à naviguer entre comédie et drame. Il apparaît dans Fourmi, Le Prince oublié, Cette musique ne joue pour personne, La Guerre des Lulus et Sous le vent des Marquises. En 2024, il joue notamment dans La Famille Hennedricks et Une nuit au zoo, tandis que Le Procès du chien de Laetitia Dosch lui offre un rôle dans une comédie judiciaire singulière autour du statut juridique d’un animal. Sa filmographie continue ainsi à mêler productions populaires et propositions plus atypiques.
En 2025, François Damiens participe à L’Amour c’est surcoté, comédie romantique de Mourad Winter, ainsi qu’à T’as pas changé de Jérôme Commandeur. Ces projets montrent qu’il reste l’un des acteurs francophones les plus sollicités pour donner une tonalité à la fois comique et humaine à un personnage. Sa manière de jouer repose souvent sur une impression d’imprévisibilité : une scène peut basculer du rire vers la gêne ou l’émotion sans changement spectaculaire de registre. Cette continuité entre humoriste et acteur explique en grande partie sa longévité.
L’année 2026 est particulièrement chargée. Il apparaît dans Les Lionnes, comédie de braquage portée notamment par Rebecca Marder et Zoé Marchal, puis dans Police Flash 80, projet qui joue avec les codes du film policier et de la comédie. Il est également au générique de Surveillant !, poursuivant un rythme de tournage élevé. Dans chacune de ces productions, Damiens conserve une capacité à exister dans un ensemble sans chercher systématiquement à transformer chaque scène en numéro personnel.
Plusieurs films sont déjà annoncés pour 2027, dont Le Faux Soir et L’Adoption. Cette continuité témoigne d’une carrière devenue beaucoup plus large que l’image de François l’Embrouille qui l’a fait connaître. S’il reste associé à ses caméras cachées et continue d’en parler comme d’un apprentissage fondamental, il a depuis longtemps prouvé qu’il pouvait tenir des personnages écrits, travailler sous la direction de cinéastes très différents et porter des récits dramatiques.
En 2026, François Damiens apparaît ainsi comme l’un des rares humoristes francophones à avoir réussi une transition durable vers le métier d’acteur sans renier ce qui faisait sa singularité initiale. L’improvisation, l’écoute et l’observation des comportements humains apprises dans les caméras cachées restent perceptibles dans son jeu, mais elles servent désormais une filmographie de plus de vingt ans. De L’Arnacœur à La Famille Bélier, des Cowboys à Mon Ket, son parcours montre une capacité constante à transformer une gêne, un silence ou un détail de comportement en élément de personnage. Cette manière très personnelle d’occuper l’écran continue de faire de lui une figure à part du cinéma belge et français.
Parcours et dates clés
Caméras cachées / Télévision
– Début des années 2000 – François l’Embrouille – popularisation de ses caméras cachées en Belgique puis en France
Films
– 2006 – OSS 117 : Le Caire, nid d’espions – participation à la comédie de Michel Hazanavicius
– 2006 – Dikkenek – rôle de Claudy
– 2010 – L’Arnacœur – rôle de Marc, réalisation Pascal Chaumeil
– 2011 – Une pure affaire – rôle principal de David Pelame
– 2013 – Suzanne – rôle de Nicolas Merevsky
– 2014 – La Famille Bélier – rôle de Rodolphe Bélier
– 2015 – Les Cowboys – rôle principal d’Alain
– 2018 – Mon Ket – rôle de Dany Versavel et première réalisation
– 2022 – La Guerre des Lulus – rôle de l’abbé Turpin
– 2024 – Le Procès du chien – participation au film de Laetitia Dosch
– 2025 – L’Amour c’est surcoté – participation
– 2025 – T’as pas changé – participation au film de Jérôme Commandeur
– 2026 – Les Lionnes – participation
– 2026 – Police Flash 80 – participation
– 2026 – Surveillant ! – participation
– 2027 – Le Faux Soir – projet annoncé
– 2027 – L’Adoption – projet annoncé
Prix et distinctions
– 2011 – César – nomination au meilleur acteur dans un second rôle pour L’Arnacœur
Repères personnels
– 17 janvier 1973 – Naissance à Uccle, Belgique
Un père (Prince déchu de ses histoires) va devoir affronter la plus épique de to ...