Célia Wa : "Adan on dot Soley"
Célia Wa nous transporte dans son univers magique. Une danse proche d’une transe ...

Célia Wa est une chanteuse, flûtiste, percussionniste, danseuse et compositrice française née à Paris et profondément liée à la Guadeloupe, où elle grandit à partir de l’âge de six ans. Son univers associe gwo ka, jazz, soul, hip-hop, musiques électroniques et engagement social. Elle construit une identité artistique dans laquelle la flûte, la voix, le tambour ka et le mouvement du corps occupent une place centrale.
Elle grandit dans une famille engagée politiquement. Son père est militant communiste et sa mère est liée à Lutte ouvrière. Cette culture familiale développe très tôt chez elle une sensibilité aux questions d’inégalités, de représentation et de justice sociale.
À six ans, Célia Wa part vivre en Guadeloupe. L’île devient un territoire fondateur de son identité. Elle découvre les traditions musicales locales et commence à apprendre le ka vers l’âge de huit ans.
Le gwo ka n’est pas seulement une musique de percussion. Il possède une histoire liée à l’esclavage, aux résistances, aux rassemblements communautaires et à la transmission orale. Cet héritage deviendra l’un des éléments permanents de son travail.
Après le baccalauréat, Célia Wa revient en région parisienne au début des années 2000. Pendant plusieurs années, elle s’éloigne de la pratique musicale pour se consacrer davantage à la danse hip-hop.
Cette période n’est pas une rupture complète. Le hip-hop lui apporte une nouvelle compréhension du rythme, du corps et de la scène. Elle participe notamment à des projets chorégraphiques et rejoint la comédie musicale Kirikou.
Le spectacle lui permet de relier danse, théâtre, musique et culture africaine. Cette expérience contribue à faire évoluer son approche vers une pratique pluridisciplinaire.
Célia Wa revient ensuite plus directement à la musique. Elle choisit la flûte traversière, instrument souvent moins associé aux musiques urbaines ou au gwo ka, et en fait l’un des signes distinctifs de son identité sonore.
Elle développe progressivement une musique que l’on peut rapprocher d’un mélange entre soul, jazz, hip-hop, électronique et rythmes guadeloupéens. Le ka n’y est pas utilisé comme simple décoration folklorique mais comme base rythmique réelle.
Elle publie un premier EP intitulé Wa. Le projet lui permet de présenter un univers personnel dans lequel les références caribéennes dialoguent avec les musiques contemporaines.
Son activité s’étend également à la radio. Elle anime l’émission High Di Yo sur Radio Fanfan Mizik afin de faire découvrir des artistes afro-caribéens et de créer des espaces de discussion autour de leurs œuvres.
La transmission et le militantisme occupent une place importante dans son parcours. Célia Wa revendique une réflexion sur la place des femmes, les identités métissées, les héritages coloniaux et la représentation des cultures noires.
Elle participe à plusieurs projets collectifs où musique et engagement se rejoignent. Son profil d’instrumentiste lui permet aussi de collaborer avec des artistes de jazz et de musiques improvisées.
À partir de 2020, elle rejoint notamment ExpéKa, collectif réunissant Sonny Troupé, Casey, Stéphane Castry, Didier Davidas, Olivier Juste et d’autres musiciens. Le projet met en relation gwo ka, bèlè, hip-hop, jazz et funk.
Dans ExpéKa, Célia Wa intervient au chant, à la flûte et dans la dimension rythmique. La présence de Casey au rap et de musiciens caribéens expérimentés crée un espace de confrontation entre plusieurs traditions.
Le projet refuse l’idée d’une fusion superficielle. Chaque langage conserve sa force propre et le dialogue se construit à partir des rythmes, des textes et de l’improvisation.
Le double album ExpéKa paraît en décembre 2023. Il fixe plusieurs années de recherche collective et permet au groupe de développer une visibilité plus large.
Le 10 octobre 2024, ExpéKa se produit au Théâtre du Châtelet à Paris dans le cadre d’Urban Châtelet. Cette présence dans une grande institution parisienne donne une nouvelle visibilité à un projet profondément lié aux traditions musicales antillaises.
Célia Wa poursuit parallèlement ses propres créations. Elle développe des concerts et performances où la flûte peut être traitée avec des effets électroniques, des boucles et des textures rythmiques.
Son approche du corps reste également importante. Contrairement à une instrumentiste exclusivement statique, elle conserve l’expérience de la danse et pense souvent la scène comme un espace où mouvement et son se répondent.
Cette particularité fait d’elle une artiste difficile à classer. Elle peut être présentée comme chanteuse, flûtiste, percussionniste, danseuse ou compositrice, mais aucune de ces catégories ne suffit seule à résumer son travail.
L’engagement féministe et antiraciste constitue aussi un axe durable. Célia Wa s’intéresse à la visibilité des femmes noires dans l’histoire, les médias et la création contemporaine.
Elle participe à des initiatives culturelles qui cherchent à créer des espaces de parole et de transmission pour les artistes afro-descendants.
Son parcours montre ainsi une continuité entre enfance guadeloupéenne, apprentissage du ka, danse hip-hop, flûte, radio et création collective. Chaque étape enrichit la suivante.
En 2026, Célia Wa reste associée à une scène caribéenne contemporaine qui ne souhaite pas choisir entre tradition et expérimentation. Son travail fait du gwo ka une matière vivante capable de dialoguer avec l’électronique, le jazz et le hip-hop.
Elle incarne une génération d’artistes pour lesquels les héritages culturels ne sont ni des objets de musée ni des contraintes, mais des points de départ pour inventer de nouvelles formes.
Parcours et dates clés
Formation / Débuts
– Enfance – Installation en Guadeloupe à l’âge de six ans
– Vers 8 ans – Début de l’apprentissage du tambour ka
– 2003 – Retour en région parisienne après le baccalauréat
– Années 2000 – Développement d’une pratique de danse hip-hop
Scène / Projets
– Années 2000 – Participation à la comédie musicale Kirikou
– Années 2010 – Publication du projet Wa – premier EP
– Années 2010 – High Di Yo – animation d’une émission consacrée aux artistes afro-caribéens
ExpéKa
– 2020 – Rejoint ExpéKa – chant, flûte et participation rythmique
– 8 décembre 2023 – Sortie du double album ExpéKa
– 10 octobre 2024 – ExpéKa au Théâtre du Châtelet à Paris
Engagements
– Années 2010-2020 – Actions autour de la représentation des artistes afro-caribéens, du féminisme et des identités noires
Célia Wa nous transporte dans son univers magique. Une danse proche d’une transe ...