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André Marcon, de son nom complet André Cyprien Marcon, est un acteur français né le 6 juillet 1948 à Saint-Étienne. Il commence très jeune par le théâtre et monte sur scène dès la fin de son adolescence, avant de développer une carrière qui traversera plus de cinq décennies. Son parcours reste profondément lié au répertoire théâtral, mais il devient également une figure familière du cinéma d’auteur, des films historiques et de la télévision française. Cette double fidélité à la scène et à l’écran explique la densité d’une filmographie où se croisent de très nombreux réalisateurs majeurs.
À dix-neuf ans, il joue dans Le Revizor de Gogol à la Comédie de Saint-Étienne, expérience fondatrice qui inscrit le théâtre au centre de sa vie professionnelle. Pendant les années 1970, il multiplie les pièces classiques et contemporaines et travaille avec différentes compagnies. Cette longue pratique de la scène lui donne une diction, une présence et une précision gestuelle qui resteront perceptibles dans ses rôles au cinéma. Marcon ne quitte jamais réellement le théâtre, même lorsque sa carrière à l’écran devient très active.
Il fait ses premiers pas remarqués au cinéma dans la seconde moitié des années 1970. René Féret lui donne un rôle dans La Communion solennelle en 1976, puis il travaille avec Bertrand Tavernier dans Des enfants gâtés et avec Coline Serreau dans Pourquoi pas !. Il apparaît ensuite chez Michel Deville dans Le Voyage en douce et s’inscrit progressivement parmi les acteurs de second plan recherchés par le cinéma français. Cette période lui permet de passer d’un univers de metteur en scène à un autre sans perdre son identité de comédien de théâtre.
André Marcon développe également une relation importante avec Jacques Rivette, cinéaste dont le travail accorde une grande place au temps, au jeu et à la frontière entre représentation et réalité. Il apparaît dans plusieurs de ses films et trouve dans cet univers une proximité naturelle avec son expérience théâtrale. Cette collaboration renforce sa place dans le cinéma d’auteur français des années 1980 et 1990. Il tourne parallèlement dans de nombreux films où sa présence donne souvent du relief à des personnages d’autorité, de culture ou de pouvoir.
À la fin des années 1990, il rencontre Olivier Assayas, qui le fait jouer dans Fin août, début septembre puis dans Les Destinées sentimentales. Il retrouvera le réalisateur plus tard, notamment dans Carlos. Marcon devient ainsi l’un de ces acteurs capables de traverser plusieurs époques d’un même cinéma français, en passant des réalisateurs apparus dans les années 1970 aux auteurs devenus centraux dans les années 1990 et 2000. Sa constance repose sur une grande capacité d’adaptation plutôt que sur une image de vedette.
La télévision prend progressivement une place plus importante dans son parcours, notamment à partir des années 2000. Il incarne Louis Pasteur dans un téléfilm consacré au scientifique et apparaît dans des œuvres historiques ou politiques comme Goldman, Crime d’État et Carlos. Ces rôles exploitent particulièrement bien son autorité naturelle et sa précision de langage. Ils lui permettent aussi d’occuper des personnages réels ou des figures institutionnelles sans tomber dans la simple imitation.
Au cinéma, André Marcon continue à être associé à des films prestigieux et à de nouvelles générations de réalisateurs. Il apparaît notamment dans Marguerite de Xavier Giannoli, Les Garçons et Guillaume, à table !, Grâce à Dieu de François Ozon, Illusions perdues de Xavier Giannoli et Le Bal des folles. Dans Illusions perdues, adaptation de Balzac, il incarne le baron du Châtelet et participe à une distribution qui recrée le monde social, médiatique et littéraire du XIXe siècle. Sa formation théâtrale trouve naturellement sa place dans ce type de rôle historique.
Les années 2020 restent particulièrement actives. Il joue dans Maestro(s), Les Âmes sœurs, Bonnard, Pierre et Marthe, la série D’argent et de sang puis Slocum et moi. En 2025 et 2026, il apparaît encore dans plusieurs productions importantes, dont La Femme la plus riche du monde, Furcy, né libre, The Deal, À pied d’œuvre et Les Rayons et les Ombres. Cette continuité est remarquable pour un acteur ayant commencé sa carrière professionnelle plus d’un demi-siècle auparavant.
Le théâtre demeure pourtant le socle de son identité. André Marcon a travaillé avec de nombreux metteurs en scène et abordé des auteurs classiques comme contemporains. Son interprétation dans Baal de Bertolt Brecht lui a notamment valu une reconnaissance du Syndicat de la critique. Cette activité scénique explique aussi la qualité de sa diction au cinéma et sa capacité à donner du poids à des personnages parfois présents seulement dans quelques séquences.
André Marcon incarne ainsi une forme de continuité du métier de comédien en France. Il n’a jamais dépendu d’un rôle unique ni d’un genre précis, mais a construit sa réputation par l’accumulation de collaborations exigeantes au théâtre, au cinéma et à la télévision. Sa carrière relie Bertrand Tavernier, Jacques Rivette, Olivier Assayas, François Ozon et de nombreux autres cinéastes. Toujours actif en 2026, il reste une figure importante du jeu français, reconnue pour sa sobriété, son autorité et la profondeur qu’il apporte aux rôles de composition.
Parcours et dates clés
Théâtre
– 1967 – Le Revizor – débuts marquants à la Comédie de Saint-Étienne
– Carrière – Nombreuses pièces classiques et contemporaines
– Années 1990 – Récompense du Syndicat de la critique pour Baal
Cinéma
– 1976 – La Communion solennelle
– 1977 – Des enfants gâtés
– 1977 – Pourquoi pas !
– 1998 – Fin août, début septembre
– 2000 – Les Destinées sentimentales
– 2013 – Les Garçons et Guillaume, à table !
– 2015 – Marguerite
– 2019 – Grâce à Dieu
– 2021 – Illusions perdues – baron du Châtelet
– 2022 – Maestro(s)
– 2023 – Bonnard, Pierre et Marthe – Monet
– 2024 – Slocum et moi – Slocum
– 2025 – La Femme la plus riche du monde – Guy Farrère
– 2026 – Furcy, né libre – maître Moreau
– 2026 – À pied d’œuvre – père de Paul
– 2026 – Les Rayons et les Ombres – Julien Luchaire
Télévision / Séries
– 2010 – Carlos
– 2011 – Pasteur – Louis Pasteur
– 2023 – D’argent et de sang – Frydman
– 2025 – The Deal – Walter Brunner
Repères personnels
– 6 juillet 1948 – Naissance à Saint-Étienne, France