• Channel : VIP Crossing - 21/07/2026

Loann Gossec entre dans l’histoire en devenant le plus jeune vainqueur du Tour de Marie-Galante

 

Le cyclisme guadeloupéen tient peut-être l’un de ses futurs grands champions. À seulement 18 ans, Loann Gossec a remporté la 48e édition du Tour cycliste de Marie-Galante, dimanche 19 juillet 2026. Grâce à cette victoire, le jeune coureur de l’USR Vélo devient le plus jeune lauréat de l’histoire de cette course emblématique de l’archipel.  Son succès dépasse largement le cadre d’une simple victoire au classement général. Loann Gossec efface un record qui appartenait jusque-là à Cédric Locatin, vainqueur de l’épreuve en 2016 à l’âge de 20 ans. En s’imposant deux ans plus jeune, il inscrit son nom dans le palmarès du Tour de Marie-Galante et ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du cyclisme guadeloupéen. 

 

Une victoire historique à seulement 18 ans

Remporter une course par étapes à 18 ans représente déjà un exploit remarquable. Le faire sur le Tour de Marie-Galante, une épreuve réputée pour ses routes exigeantes, ses changements de rythme, son vent et ses difficultés physiques, donne encore davantage de valeur à la performance du jeune Guadeloupéen. Tout au long de la semaine, Loann Gossec a montré qu’il ne possédait pas uniquement des qualités physiques. Il a également fait preuve d’une grande maturité tactique, d’une importante capacité de concentration et d’un calme surprenant pour un coureur aussi jeune. Il a su suivre les meilleurs, éviter les pièges, limiter les pertes de temps et profiter des moments décisifs pour s’installer en tête du classement général.  Son comportement dans le contre-la-montre a notamment joué un rôle déterminant. La cinquième étape, disputée entre Saint-Louis et Capesterre sur une distance d’environ 17 kilomètres, a été remportée par Bradley Perkins. Loann Gossec est toutefois parvenu à conserver son maillot jaune et à consolider sa position avant l’ultime journée.

 

Une dernière étape sous très haute pression

Au départ de la sixième et dernière étape entre Capesterre et Grand-Bourg, Loann Gossec ne disposait que de 24 secondes d’avance. Cette marge réduite laissait encore toutes les possibilités ouvertes et obligeait le jeune leader à rester constamment vigilant. Meving Gène, son principal adversaire, a immédiatement tenté de renverser le classement général. Accompagné de son coéquipier Gabin Vedel, il a intégré une échappée qui a compté jusqu’à quatre minutes d’avance. Pendant plusieurs kilomètres, Loann Gossec a ainsi perdu virtuellement son maillot jaune. La situation était particulièrement délicate. Le jeune coureur devait gérer les attaques sans paniquer, compter sur le travail de son équipe et surveiller les écarts communiqués depuis la voiture de course. À une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, Meving Gène occupait encore virtuellement la première place du classement général. Loann Gossec a toutefois résisté. Aidé par ses coéquipiers et par l’accélération d’autres équipes qui souhaitaient défendre leurs propres positions au classement, il est parvenu à réduire suffisamment l’écart pour conserver son maillot jaune jusqu’à Grand-Bourg. Fabien Arthein a remporté cette dernière étape, mais le grand vainqueur de la journée restait Loann Gossec. Le jeune coureur terminait la course avec 26 secondes d’avance sur Meving Gène. Gabin Vedel complétait le podium de cette 48e édition.

 

Une course remportée avec intelligence et régularité

La victoire de Loann Gossec n’est pas le résultat d’un seul coup d’éclat. Elle s’est construite progressivement, grâce à une régularité constante et à une lecture intelligente de la course. Il n’a pas cherché à répondre à toutes les attaques ni à gagner chaque étape. Il a surtout veillé à rester bien placé et à préserver ses forces pour les moments essentiels. Cette gestion est généralement l’une des qualités les plus difficiles à acquérir chez les jeunes cyclistes. Beaucoup possèdent la puissance ou l’endurance, mais manquent encore d’expérience pour contrôler une course sur plusieurs jours. Loann Gossec a démontré qu’il était déjà capable d’assumer la responsabilité du maillot jaune et de résister à la pression de coureurs plus expérimentés. Son calme a été l’un de ses principaux atouts. Même lorsque l’écart devenait inquiétant lors de la dernière étape, il n’a pas perdu sa concentration. Il a continué à suivre les consignes, à travailler avec son équipe et à croire en ses capacités jusqu’à l’arrivée.

 

Le cyclisme au cœur d’une histoire familiale

Le parcours de Loann Gossec est également lié à une véritable tradition familiale. Son père, Jean-Claude Gossec, est entraîneur et manager de la Karenaj Cycling University. Il l’accompagne depuis ses premiers pas dans le cyclisme et participe directement à sa progression sportive. Son grand-père, Alceste Farescour, a lui aussi marqué le cyclisme guadeloupéen. Dans cette famille, le vélo représente donc bien plus qu’une activité sportive. Il constitue un héritage transmis entre les générations, avec ses valeurs de discipline, de travail et de persévérance. Cette proximité avec le monde de la compétition a probablement permis à Loann Gossec de développer très tôt une bonne compréhension de la course. Il a grandi dans un environnement où l’entraînement, la stratégie et la préparation occupaient une place importante.

 

Un symbole fort pour la nouvelle génération guadeloupéenne

Le succès de Loann Gossec arrive à un moment où plusieurs jeunes coureurs commencent à se distinguer dans le peloton guadeloupéen. Lors de cette édition, d’autres cyclistes de la catégorie U19, comme Aleksandre Chomereau Lamotte, Orlan Gumbs et Job Rose, ont également occupé les premières places du classement réservé aux jeunes. La victoire du jeune Gosiérien prouve qu’un coureur de 18 ans peut rivaliser avec des seniors expérimentés sur une course difficile et très disputée. Elle pourrait encourager d’autres jeunes de l’archipel à rejoindre les clubs, à poursuivre leurs efforts et à croire en la possibilité d’accéder au haut niveau. Le Tour de Marie-Galante joue depuis longtemps un rôle important dans le développement du cyclisme local. Créée dans les années 1970 et organisée par l’Union vélocipédique de Marie-Galante, cette course par étapes accueille régulièrement les meilleurs coureurs de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et d’autres territoires. 

Pour les jeunes talents, cette épreuve constitue une occasion unique d’acquérir de l’expérience, d’affronter des cyclistes confirmés et de se faire connaître du public. Loann Gossec a pleinement profité de cette opportunité en transformant une semaine de compétition en victoire historique.

 

Une victoire qui pourrait lancer une grande carrière

À 18 ans, Loann Gossec n’est encore qu’au début de son parcours. Son triomphe sur le Tour de Marie-Galante constitue le plus grand succès de sa jeune carrière, mais il représente surtout une promesse pour l’avenir. Le jeune Guadeloupéen devra désormais confirmer, continuer à progresser et apprendre à gérer les attentes qui accompagneront cette victoire. Son nouveau statut attirera davantage l’attention de ses adversaires, du public et des équipes susceptibles de suivre son évolution. Sa maturité, son héritage familial et sa capacité à résister à la pression constituent néanmoins des bases solides. Il possède déjà l’une des qualités essentielles des champions : la capacité à rester lucide lorsque la course devient difficile.

En remportant le Tour de Marie-Galante à seulement 18 ans, Loann Gossec ne s’est pas contenté de gagner un maillot jaune. Il a battu un record, marqué l’histoire du cyclisme guadeloupéen et envoyé un message fort à toute une génération. Son nom est désormais associé à l’un des exploits les plus marquants de cette épreuve emblématique.