Lyes Salem


Lyes Salem

Franco-Algérien.

Lyes Salem est un acteur, réalisateur et scénariste franco-algérien né le 7 juillet 1973 à Alger. Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique et au Théâtre national de Chaillot, il développe une carrière entre cinéma français, productions algériennes, théâtre et réalisation. Son court métrage Cousines remporte un César, tandis que Mascarades et L’Oranais installent son identité de cinéaste. Comme acteur, il apparaît dans Munich, Banlieue 13, La Vraie famille, Youssef Salem a du succès, A Gentleman in Moscow, Avignon et plusieurs films de 2026.

Il grandit entre l’Algérie et la France et poursuit des études de lettres modernes à la Sorbonne. Le théâtre prend progressivement une place centrale. Salem se forme au Conservatoire national supérieur d’art dramatique puis à l’École du Théâtre national de Chaillot. Cette double formation lui donne une grande maîtrise du texte et de la scène.

Ses premiers rôles professionnels apparaissent dans les années 1990. Il joue notamment dans un épisode de Highlander puis dans L’École de la chair de Benoît Jacquot et Cuisine américaine. Salem ne se limite pas à un emploi lié à ses origines. Il cherche très tôt à travailler avec des réalisateurs et des univers variés.

À la fin des années 1990, il commence également à réaliser des courts métrages. Lhasa puis Jean-Farès lui permettent de développer une écriture personnelle. Il s’intéresse aux liens familiaux, aux identités culturelles et à la société algérienne. Cette activité de réalisateur évolue parallèlement à son travail d’acteur.

En 2004, Cousines constitue un tournant majeur. Le court métrage observe les évolutions des mentalités en Algérie à travers des relations familiales. Salem écrit, réalise et participe au projet avec une approche à la fois tendre et critique. Le film remporte le César du meilleur court métrage.

Cette récompense lui donne une forte reconnaissance comme cinéaste. Il montre qu’il peut raconter l’Algérie contemporaine sans réduire les personnages à des symboles politiques. L’humour devient un moyen essentiel pour observer les contradictions sociales. Cette approche sera encore plus visible dans Mascarades.

Comme acteur, Salem apparaît dans Banlieue 13 en 2004 puis dans Munich de Steven Spielberg en 2005. Dans Munich, il tient un petit rôle de garde arabe au sein d’une production internationale consacrée aux conséquences de l’attentat des Jeux olympiques de 1972. Cette participation lui donne une expérience hollywoodienne sans modifier sa trajectoire principale.

En 2008, Mascarades devient son premier long métrage comme réalisateur. Il y incarne également Mounir, homme vivant dans un village algérien et qui invente un mensonge sur le mariage de sa sœur. Le film transforme cette invention en satire des apparences, de la fierté et des conventions sociales. Salem mêle comédie et observation du quotidien.

Mascarades est choisi pour représenter l’Algérie aux Oscars. Le film circule dans de nombreux festivals et renforce la réputation internationale de son auteur. Salem montre qu’un récit profondément local peut toucher un public large. Le personnage de Mounir reste l’un de ses rôles les plus personnels.

Il poursuit comme acteur dans La Tête en friche, Dernier étage, gauche, gauche et Poupoupidou. Ces films l’intègrent à différents courants du cinéma français. Salem peut jouer un voisin, un père, un collègue ou un homme impliqué dans une situation absurde. Cette disponibilité empêche son image de se fixer.

En 2013, L’Oranais devient son deuxième grand long métrage de réalisateur. Le film suit plusieurs hommes après l’indépendance de l’Algérie et interroge les idéaux, les compromis et la construction du pays. Salem incarne Djaffar. Le projet est beaucoup plus historique et politique que Mascarades.

L’Oranais reçoit plusieurs prix et lui vaut notamment une reconnaissance comme acteur dans des festivals. Le film montre une ambition de raconter l’histoire algérienne à travers des destins individuels. Salem refuse les simplifications héroïques. Il s’intéresse aux contradictions de ceux qui ont participé à une révolution puis au pouvoir.

En tant qu’acteur, il continue à multiplier les collaborations. Il apparaît dans Carole Matthieu, Ôtez-moi d’un doute et Sparring. Dans ce dernier film, il incarne Omar autour du boxeur joué par Mathieu Kassovitz. Salem travaille dans un récit réaliste consacré aux sacrifices du sport professionnel.

Il joue également dans La Finale face à Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti. Le film mélange road movie et maladie d’Alzheimer. Salem occupe un rôle secondaire dans une comédie familiale. Cette participation confirme son aisance dans des œuvres destinées à un public large.

Dans les années 2020, La Vraie famille de Fabien Gorgeart lui offre Driss, mari du personnage de Mélanie Thierry. Le film s’intéresse à une famille d’accueil qui doit se séparer d’un enfant élevé pendant plusieurs années. Salem joue un père confronté à une situation émotionnellement complexe. La performance reçoit un accueil particulièrement favorable.

En 2022, Coupez ! de Michel Hazanavicius le met dans le rôle de Mounir au sein d’une comédie sur un tournage de film de zombies. Le projet joue avec les coulisses du cinéma et les ratés de production. Salem retrouve un humour collectif et très physique. La même période, il apparaît dans Youssef Salem a du succès.

Dans Youssef Salem a du succès, il incarne Rachid, membre de la famille du personnage principal. La comédie aborde la littérature, les secrets familiaux et la peur de décevoir ses proches. Salem retrouve des thèmes de représentation et de famille proches de ses propres réalisations. Cette cohérence donne au rôle une résonance particulière.

En 2023, Pour la France lui confie le colonel Mohamedi et Paternel le personnage d’Amine. Il apparaît aussi dans Ma part de Gaulois. Salem traverse ainsi des récits sur l’armée, la paternité, l’immigration et la mémoire. Sa filmographie reste fortement liée aux questions de transmission sans se répéter.

En 2024, A Gentleman in Moscow lui offre Andrey Duras dans les huit épisodes de la mini-série internationale avec Ewan McGregor. Le programme adapte le roman d’Amor Towles et se déroule dans la Russie soviétique. Salem accède ainsi à une production anglophone de prestige. Le rôle confirme sa dimension internationale.

La même année, Nous, les Leroy lui confie Claude. La comédie familiale remporte une forte adhésion du public et des festivals. Salem participe à un ensemble où le couple et la famille sont observés avec humour. Il retrouve un cinéma français contemporain très différent de ses propres films.

En 2025, Avignon lui offre Serge. La comédie se déroule pendant le célèbre festival de théâtre et utilise directement l’environnement scénique que Salem connaît depuis sa formation. Le film associe amour, mensonge et vie de troupe. Sa présence apporte une autorité familière à cet univers.

L’année 2026 est particulièrement dense. C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart le réunit à nouveau avec Mélanie Thierry et lui confie Sofiane. Le film reçoit le Grand Prix du Festival de l’Alpe d’Huez avant sa sortie en mai. Salem poursuit ainsi une collaboration née avec La Vraie famille.

Il apparaît également dans Le Chemin des maures et Les Derniers jours de R.M. Ces projets prolongent son activité dans des récits liés au Maghreb, à la mémoire et aux déplacements. Avant la tempête est déjà annoncé pour 2027. Lyes Salem reste donc particulièrement actif plus de trente ans après ses débuts.

Son parcours est remarquable par l’équilibre entre interprétation et réalisation. Beaucoup d’acteurs passent ponctuellement derrière la caméra, mais Salem a construit une véritable œuvre de cinéaste avec Cousines, Mascarades et L’Oranais. Ses films interrogent directement la société algérienne tout en conservant un humour très humain. Cette identité personnelle complète sa carrière de comédien.

En 2026, le César de Cousines reste son premier grand jalon, Mascarades sa révélation comme réalisateur de long métrage et L’Oranais son œuvre historique majeure. La Vraie famille, A Gentleman in Moscow et C’est quoi l’amour ? montrent la maturité de son parcours d’acteur. Lyes Salem occupe ainsi une place singulière entre les cinémas français et algérien.

Parcours et dates clés

Réalisation / Scénario
– 2004 – Cousines – réalisateur et scénariste
– 2008 – Mascarades – réalisateur, scénariste et acteur
– 2014 – L’Oranais – réalisateur, scénariste et acteur

Cinéma / Interprétation
– 1998 – L’École de la chair – participation
– 2004 – Banlieue 13 – Samy
– 2005 – Munich – garde arabe
– 2010 – La Tête en friche – Youssef
– 2017 – Sparring – Omar
– 2021 – La Vraie famille – Driss
– 2022 – Coupez ! – Mounir
– 2022 – Youssef Salem a du succès – Rachid
– 2023 – Pour la France – colonel Mohamedi
– 2024 – Nous, les Leroy – Claude
– 2025 – Avignon – Serge
– 6 mai 2026 – C’est quoi l’amour ? – Sofiane
– 2026 – Le Chemin des maures – participation
– 2026 – Les Derniers jours de R.M – participation

Télévision / Séries
– 2024 – Le Remplaçant, saison 2 – Farid Rahmoun
– 2024 – A Gentleman in Moscow – Andrey Duras

Récompenses et distinctions
– 2005 – César du meilleur court métrage pour Cousines

Repères personnels
– 7 juillet 1973 – Naissance à Alger, Algérie

  • Actor
  • Scriptwriter
  • Driector

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