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Germain James
James Germain est un chanteur, compositeur et interprète haïtien né le 10 août 1968 à Port-au-Prince. Reconnu pour une voix de contre-ténor et une manière très personnelle d’associer chants vodou, musique classique, jazz, gospel et traditions afro-caribéennes, il mène depuis plus de trente ans une carrière internationale profondément liée à la culture haïtienne. Formé à Port-au-Prince puis au Conservatoire Claude Debussy à Paris, il travaille aussi avec le théâtre et la danse et développe plusieurs albums, dont Assotô, Kréol Mandingue, Kafou Minui et Xù d’Àssa. En 2025 et 2026, ce dernier projet accompagne un retour important sur scène, notamment en Haïti, à Paris et dans les Antilles.
James Germain naît à Port-au-Prince dans une famille de huit enfants dont il est le plus jeune.
Il grandit notamment dans le quartier de Saint-Antoine.
Son apparence est marquée par l’albinisme, différence qui joue un rôle dans son expérience de l’enfance et nourrit plus tard son engagement contre les discriminations visant les personnes albinos.
La musique arrive très tôt.
Vers l’âge de dix ans, James Germain chante dans une chorale d’église avec l’une de ses sœurs.
Sa voix attire rapidement l’attention.
Il possède un registre très particulier et une capacité à monter dans les aigus qui orientent progressivement son travail vers le chant classique.
Il étudie à l’Académie Promusica sous la direction d’Angel Mendez.
Il se forme également dans l’environnement musical de Sainte-Trinité, institution essentielle dans l’histoire de la musique classique haïtienne.
James Germain découvre le répertoire baroque, les techniques de respiration et l’exigence de la musique écrite.
Cette formation aurait pu l’éloigner des traditions populaires haïtiennes.
Au contraire, une rencontre joue un rôle décisif dans sa manière de construire son identité.
La pianiste et pédagogue Lina Mathon-Blanchet l’aide à redécouvrir la richesse des chants vodou, des mélodies traditionnelles et du répertoire savant haïtien.
Germain comprend alors qu’il n’a pas à choisir entre technique classique et héritage spirituel afro-haïtien.
Cette idée deviendra le cœur de toute sa carrière.
En 1989, il obtient une bourse de la coopération française et part poursuivre sa formation à Paris.
Il étudie notamment au Conservatoire Claude Debussy.
Il travaille le chant classique mais s’ouvre aussi davantage au jazz et aux musiques improvisées.
Paris lui permet de rencontrer des artistes africains, caribéens et européens et d’élargir son langage musical.
James Germain commence à se produire dans différents projets.
Sa voix, capable de passer d’un registre de contre-ténor à une expression plus populaire, attire l’attention dans le théâtre musical et la création contemporaine.
Il participe en 1996 à La Tragédie du roi Christophe, œuvre d’Aimé Césaire consacrée à l’histoire haïtienne après l’indépendance.
Cette expérience relie directement théâtre, mémoire politique et musique.
En 1999, il participe à Mistero buffo Caraïbe.
Il poursuit ensuite des collaborations avec des metteurs en scène et chorégraphes.
En 2004, il travaille autour d’Antigone.
En 2008, il participe à Chez Rosette, projet mêlant mouvement, scène et musique.
Ces expériences renforcent son approche très théâtrale du chant.
James Germain ne considère pas la voix comme un simple instrument sonore.
Le corps, le costume, le geste et la relation avec l’espace participent pleinement à son interprétation.
Sa discographie se développe parallèlement.
Il publie notamment Assotô, projet qui affirme clairement son désir de faire dialoguer spiritualité haïtienne et arrangements contemporains.
Le terme assotô renvoie à un grand tambour sacré de la tradition vodou.
Le choix du titre indique la place centrale de cet héritage dans sa création.
James Germain travaille ensuite sur Kréol Mandingue.
Le projet rapproche les traditions haïtiennes et celles de l’Afrique de l’Ouest.
Cette connexion possède une logique historique profonde : la culture haïtienne s’est construite à partir de plusieurs héritages africains transformés dans les Caraïbes.
En réunissant musiciens haïtiens et africains, Germain ne cherche pas une fusion superficielle mais une conversation entre mémoires musicales.
Il poursuit avec Kafou Minui.
« Kafou », le carrefour en créole haïtien, est une notion fondamentale dans la culture et la spiritualité du pays.
Le carrefour représente le lieu de la rencontre, du choix et du passage.
Cette image correspond particulièrement bien à la musique de James Germain, constamment située entre plusieurs traditions.
Au fil des années, il se produit dans de nombreux pays et devient l’un des ambassadeurs les plus singuliers de la musique haïtienne contemporaine.
Sa manière d’interpréter les chants vodou sur des scènes de jazz ou de musique du monde contribue à leur donner une visibilité internationale sans les réduire à un simple folklore.
James Germain travaille aussi avec des artistes du monde mandingue, des jazzmen et des musiciens de formation classique.
Cette capacité à changer de contexte explique la longévité de sa carrière.
Il conserve également un engagement important autour de l’albinisme.
Il crée ou soutient la Fondation Albha afin de sensibiliser le public, lutter contre les discriminations et défendre les personnes albinos.
Dans plusieurs pays, les personnes atteintes d’albinisme restent exposées à l’exclusion, aux préjugés et parfois à des violences.
Pour Germain, rendre visible cette réalité est directement lié à son propre parcours.
La situation politique et sociale d’Haïti occupe également une place importante dans son travail.
Ses chansons parlent de mémoire, de spiritualité, de souffrance mais aussi de résistance et de dignité.
Le séisme du 12 janvier 2010 constitue naturellement un événement profondément marquant.
Comme de nombreux artistes haïtiens, James Germain utilise ensuite la scène comme espace de mémoire et de solidarité.
Au milieu des années 2020, il prépare un nouvel album intitulé Xù d’Àssa.
Le projet prolonge son travail sur la rencontre entre héritage haïtien, jazz et musiques contemporaines.
Le 13 mars 2025, il revient notamment sur scène à l’Institut français en Haïti dans le cadre du mois de la Francophonie.
Il y présente des titres du nouvel album.
Le répertoire comprend notamment Sainte-Hélène, Lè m te piti, Simbi dlo, Wouze et Soufle Van.
Cette étape possède une dimension importante : présenter un nouveau projet à Port-au-Prince permet à Germain de reconnecter une carrière internationale à son territoire d’origine.
Le 12 janvier 2026, il se produit au New Morning à Paris.
La date est volontairement choisie pour correspondre à l’anniversaire du séisme de 2010.
Le concert autour de Xù d’Àssa devient un moment de mémoire, de solidarité et d’espérance.
James Germain invite notamment Stevy Mahy, Jowee Omicil et Guy Régis Junior.
La présence de ces artistes crée un dialogue entre plusieurs générations et plusieurs formes de création caribéenne.
En mai 2026, Germain se produit également en Martinique.
La presse antillaise présente alors plus de trente ans de carrière consacrés à la valorisation de la culture haïtienne.
Ces concerts montrent que Xù d’Àssa n’est pas uniquement un nouvel album mais une nouvelle étape de transmission.
À cinquante-sept ans, James Germain possède une voix et une expérience capables de relier plusieurs périodes de l’histoire musicale haïtienne.
Il est passé de la chorale d’église à la formation classique, puis des scènes parisiennes aux créations mêlant vodou, jazz et traditions mandingues.
Cette circulation constante fait de lui un artiste difficile à enfermer dans une catégorie.
Le terme « world music » peut être utilisé pour situer son travail dans les circuits internationaux, mais il ne résume pas la profondeur de sa démarche.
James Germain travaille à partir d’une culture précise, celle d’Haïti, et la met en dialogue avec d’autres langages sans la diluer.
En 2026, Xù d’Àssa prolonge cette mission artistique.
Son parcours reste celui d’un chanteur qui utilise la technique classique pour servir une mémoire caribéenne, et non pour s’en éloigner.
À travers ses albums, ses collaborations, ses projets scéniques et son engagement autour de l’albinisme, James Germain continue ainsi à faire de la voix un espace de rencontre entre histoire, spiritualité et création contemporaine.
Parcours et dates clés
Formation / Débuts
– Vers 1978 – Premiers chants dans une chorale d’église à Port-au-Prince
– Années 1980 – Formation à l’Académie Promusica et dans l’environnement musical de Sainte-Trinité
– 1989 – Bourse de la coopération française et départ pour Paris
– Années 1990 – Formation classique et jazz au Conservatoire Claude Debussy à Paris
Théâtre / Scène
– 1996 – La Tragédie du roi Christophe – participation au projet théâtral autour de l’œuvre d’Aimé Césaire
– 1999 – Mistero buffo Caraïbe – participation
– 2004 – Antigone – collaboration scénique
– 2008 – Chez Rosette – projet mêlant danse, théâtre et musique
Albums / Créations
– Années 2000 – Assotô – projet affirmant le lien entre chants vodou et création contemporaine
– Années 2000 – Kréol Mandingue – dialogue entre traditions haïtiennes et musiques d’Afrique de l’Ouest
– Années 2010 – Kafou Minui – poursuite du travail autour du carrefour culturel et spirituel haïtien
– 2025-2026 – Xù d’Àssa – nouvel album et nouveau cycle de concerts
Concerts récents
– 13 mars 2025 – Institut français en Haïti – présentation du projet Xù d’Àssa pendant le mois de la Francophonie
– 12 janvier 2026 – New Morning, Paris – concert de mémoire pour le séisme de 2010 avec Stevy Mahy, Jowee Omicil et Guy Régis Junior
– Mai 2026 – Martinique – concerts poursuivant la présentation de Xù d’Àssa
Engagements
– Années 2010-2026 – Fondation Albha – sensibilisation et lutte contre les discriminations liées à l’albinisme
Repères personnels
– 10 août 1968 – Naissance à Port-au-Prince, Haïti





