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Matamela Cyril Ramaphosa est un homme d’État, ancien syndicaliste, négociateur et homme d’affaires sud-africain né le 17 novembre 1952 à Johannesburg. Figure importante de la lutte contre l’apartheid puis de la transition démocratique, il devient vice-président de l’Afrique du Sud en 2014 et président de la République le 15 février 2018. Réélu par l’Assemblée nationale en juin 2024, il demeure chef de l’État en 2026 à la tête d’une administration reposant sur un gouvernement d’unité nationale.
Il grandit à Soweto, dans un contexte marqué par la ségrégation raciale et la montée des mouvements de contestation. Après sa scolarité, il étudie le droit à l’Université du Nord, aujourd’hui Université du Limpopo. Il s’engage au sein de la South African Students Organisation et de la Black People’s Convention. Son militantisme lui vaut plusieurs périodes de détention dans les années 1970, notamment après les événements liés aux mobilisations étudiantes.
Après sa libération, Ramaphosa poursuit sa formation juridique par correspondance et obtient un diplôme de droit auprès de l’Université d’Afrique du Sud en 1981. Il travaille comme conseiller juridique pour le Council of Unions of South Africa. Cette expérience le rapproche du monde syndical, au moment où les organisations de travailleurs noirs deviennent des acteurs majeurs de la lutte sociale et politique contre l’apartheid.
En 1982, il participe à la création du National Union of Mineworkers, le NUM, dont il devient le premier secrétaire général. Sous sa direction, le syndicat connaît une croissance spectaculaire et devient l’une des organisations ouvrières les plus puissantes du pays. Ramaphosa se distingue par sa capacité de négociation, mais aussi par l’organisation de mouvements de grève dans un secteur minier central pour l’économie sud-africaine.
Son rôle syndical le conduit progressivement au cœur de l’Alliance entre le Congrès national africain, l’ANC, le mouvement syndical et les organisations civiques. Après la libération de Nelson Mandela en 1990 et la légalisation de l’ANC, Ramaphosa devient l’un des principaux négociateurs du mouvement avec le gouvernement de Frederik de Klerk.
En 1991, il est élu secrétaire général de l’ANC. Il joue ensuite un rôle déterminant dans les négociations qui conduisent à la fin de l’apartheid et à l’organisation des premières élections démocratiques de 1994. Sa maîtrise des compromis institutionnels lui vaut une réputation de négociateur méthodique. Après la victoire de l’ANC, il participe aux travaux de l’Assemblée constituante et contribue à l’élaboration de la Constitution démocratique adoptée en 1996.
Nelson Mandela aurait envisagé Ramaphosa parmi les personnalités susceptibles de lui succéder, mais la direction de l’ANC choisit finalement Thabo Mbeki comme vice-président. Ramaphosa quitte alors ses responsabilités politiques de premier plan et se tourne vers le secteur privé.
À partir de la seconde moitié des années 1990, il devient homme d’affaires et siège dans plusieurs conseils d’administration. Il fonde notamment Shanduka Group et participe à des investissements dans les télécommunications, la finance, l’immobilier, l’énergie et la restauration. Cette réussite économique fait de lui l’un des entrepreneurs noirs les plus connus du pays, mais elle nourrit aussi des débats sur les liens entre pouvoir politique, transformation économique et grandes fortunes.
Son nom est particulièrement associé à la tragédie de Marikana en 2012, lorsque 34 mineurs grévistes sont tués par la police. Ramaphosa, alors administrateur et actionnaire de Lonmin, est critiqué pour des courriels dans lesquels il qualifie la grève de situation criminelle nécessitant une intervention. Une commission d’enquête ne le tient pas personnellement responsable des tirs, mais cet épisode demeure l’une des controverses majeures de son parcours.
En décembre 2012, Cyril Ramaphosa revient au premier plan politique en étant élu vice-président de l’ANC. Après les élections générales de 2014, le président Jacob Zuma le nomme vice-président de la République. Dans cette fonction, il intervient notamment sur les questions économiques, sociales et institutionnelles.
En décembre 2017, il remporte de justesse l’élection à la présidence de l’ANC face à Nkosazana Dlamini-Zuma. La démission de Jacob Zuma en février 2018 ouvre la voie à son accession à la présidence de la République. Le Parlement l’élit le 15 février 2018.
Son premier objectif affiché est de restaurer les institutions après les scandales de « capture de l’État » ayant marqué les années Zuma. Il promet de renforcer les organismes anticorruption, de réformer les entreprises publiques et de relancer l’investissement. Les difficultés d’Eskom et les coupures d’électricité deviennent toutefois un problème majeur durant son mandat.
Après les élections de 2019, il est confirmé à la présidence. Son gouvernement doit ensuite gérer la pandémie de Covid-19, une forte crise économique et les émeutes de juillet 2021. Ramaphosa joue aussi un rôle diplomatique important au sein de l’Union africaine, qu’il préside en 2020 dans le contexte exceptionnel de la pandémie.
Les élections générales de mai 2024 constituent un tournant historique : l’ANC perd pour la première fois sa majorité absolue depuis 1994. Pour permettre la formation d’un gouvernement, le parti conclut un accord avec plusieurs formations, dont l’Alliance démocratique. Le 14 juin 2024, l’Assemblée nationale réélit Cyril Ramaphosa président, et il est investi le 19 juin.
En 2026, il demeure président de l’Afrique du Sud. Son second mandat se déroule dans le cadre inédit d’un gouvernement d’unité nationale. Les priorités affichées portent sur la croissance, l’emploi, la réforme des infrastructures, l’énergie et l’amélioration du fonctionnement de l’État. Son parcours, de militant emprisonné à syndicaliste, négociateur constitutionnel, entrepreneur puis président, fait de lui l’une des figures les plus singulières de l’histoire politique sud-africaine contemporaine.
Militantisme et syndicalisme
– Années 1970 – Engagement étudiant contre l’apartheid et plusieurs périodes de détention
– 1981 – Obtention d’un diplôme de droit auprès de l’Université d’Afrique du Sud
– 1982 – Cofondation du National Union of Mineworkers – devient secrétaire général
– Années 1980 – Développement du NUM comme l’un des principaux syndicats sud-africains
ANC et transition démocratique
– 1991 – Élu secrétaire général de l’ANC
– 1991 à 1994 – Principal négociateur de l’ANC dans le processus de sortie de l’apartheid
– 1994 à 1996 – Participation à l’Assemblée constituante et au processus d’adoption de la Constitution
Fonctions politiques
– 2012 – Élu vice-président de l’ANC
– 2014 à 2018 – Vice-président de la République d’Afrique du Sud
– Décembre 2017 – Élu président de l’ANC
– 15 février 2018 – Élu président de la République par le Parlement
– 2019 – Confirmé à la présidence après les élections générales
– 14 juin 2024 – Réélu président par l’Assemblée nationale
– 19 juin 2024 – Investiture pour un nouveau mandat
– 2026 – Exerce toujours la présidence dans le cadre du gouvernement d’unité nationale
Fonctions internationales et événements
– 2020 – Président en exercice de l’Union africaine pendant la pandémie de Covid-19
– 2024 – Formation d’un gouvernement d’unité nationale après la perte de la majorité absolue de l’ANC
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