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Uhuru Muigai Kenyatta est un homme d’État kényan né le 26 octobre 1961 à Nairobi. Fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya indépendant, il a occupé plusieurs fonctions gouvernementales avant de devenir le quatrième président de la République du Kenya. Il dirige le pays du 9 avril 2013 au 13 septembre 2022, à l’issue de deux mandats marqués par d’importants projets d’infrastructure, des réformes économiques et des débats politiques intenses.
Il grandit au sein de l’une des familles les plus influentes du Kenya. Son prénom, Uhuru, signifie « liberté » en swahili, un choix fortement symbolique dans le contexte des luttes anticoloniales. Il étudie à St Mary’s School à Nairobi puis part aux États-Unis, où il suit des études d’économie et de sciences politiques à Amherst College, dans le Massachusetts.
Avant de s’engager pleinement dans la politique, il travaille dans le secteur privé et participe aux activités économiques familiales. Son entrée électorale est d’abord difficile. En 1997, il se présente à une élection législative dans la circonscription de Gatundu South, fief historique de sa famille, mais est battu. Le président Daniel arap Moi le fait ensuite entrer progressivement dans les institutions.
En 1999, Uhuru Kenyatta est nommé président du Kenya Tourism Board. En 2001, il est nommé au Parlement puis devient ministre des Collectivités locales. À l’approche de la présidentielle de 2002, Daniel arap Moi le choisit comme candidat de la KANU, parti qui gouverne le Kenya depuis l’indépendance. Cette désignation provoque des divisions internes. Kenyatta est battu par Mwai Kibaki mais devient le chef de l’opposition au Parlement.
Au cours des années suivantes, il consolide son image de dirigeant national et participe aux recompositions politiques successives. Après les violences qui suivent l’élection présidentielle contestée de 2007, un accord de partage du pouvoir est conclu en 2008. Uhuru Kenyatta devient vice-Premier ministre et occupe également le portefeuille du Commerce, puis celui des Finances.
La crise postélectorale entraîne une enquête de la Cour pénale internationale. Uhuru Kenyatta est poursuivi pour des crimes contre l’humanité présumés liés aux violences de 2007-2008. Il conteste les accusations. L’accusation retire finalement les charges en 2014, expliquant ne plus disposer d’éléments suffisants pour poursuivre le procès. Cette procédure marque néanmoins durablement les premières années de son accession au pouvoir.
En 2012, Kenyatta crée The National Alliance, TNA, puis forme une alliance électorale avec William Ruto. Leur coalition remporte la présidentielle de mars 2013. Uhuru Kenyatta prête serment le 9 avril 2013 comme quatrième président du Kenya. Sa victoire symbolise à la fois une nouvelle génération politique et la continuité de familles historiques du pouvoir.
Son gouvernement lance de vastes programmes d’infrastructure. Le projet le plus emblématique est la nouvelle ligne ferroviaire à écartement standard reliant Mombasa à Nairobi, ouverte aux voyageurs en 2017. Son administration investit aussi dans les routes, l’électricité et la numérisation de certains services publics. Le programme « Big Four », annoncé pendant son second mandat, met l’accent sur l’industrie, la sécurité alimentaire, le logement abordable et la couverture sanitaire universelle.
La lutte contre le terrorisme devient un autre enjeu majeur. Le Kenya est frappé par plusieurs attaques d’Al-Shabaab, notamment celle du centre commercial Westgate en 2013 et celle de l’université de Garissa en 2015. Le gouvernement renforce alors les dispositifs de sécurité, tout en maintenant l’engagement militaire kényan en Somalie.
La présidentielle de 2017 entraîne une crise institutionnelle exceptionnelle. Uhuru Kenyatta est d’abord déclaré vainqueur face à Raila Odinga, mais la Cour suprême annule l’élection pour irrégularités dans le processus et ordonne un nouveau scrutin. Cette décision est historique sur le continent africain. Le nouveau vote, boycotté par Raila Odinga, est remporté par Kenyatta, qui entame son second mandat.
En mars 2018, un événement politique majeur modifie le climat national : Uhuru Kenyatta et Raila Odinga se serrent publiquement la main et annoncent une coopération destinée à réduire les tensions. Ce « handshake » donne naissance à l’initiative Building Bridges Initiative, BBI, qui propose des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Le projet est toutefois bloqué par la justice dans sa forme proposée.
Les relations entre Kenyatta et son vice-président William Ruto se détériorent fortement durant le second mandat. Pour l’élection de 2022, Kenyatta soutient finalement Raila Odinga, tandis que Ruto se présente contre le candidat soutenu par le pouvoir. William Ruto remporte le scrutin. Le 13 septembre 2022, Uhuru Kenyatta lui remet officiellement le pouvoir lors d’une cérémonie d’investiture.
Après son départ de la présidence, Uhuru Kenyatta reste actif dans la diplomatie régionale et les initiatives de paix, notamment en Afrique de l’Est. Son héritage fait l’objet d’évaluations contrastées. Ses partisans soulignent les infrastructures, l’électrification, la modernisation administrative et le repositionnement diplomatique du Kenya. Ses critiques insistent sur l’augmentation de la dette publique, les scandales de corruption et les difficultés économiques. Son parcours reste néanmoins central pour comprendre l’évolution du Kenya au début du XXIe siècle.
Son passage au pouvoir a également renforcé la visibilité du Kenya dans les sommets internationaux et les organisations régionales d’Afrique de l’Est.
Débuts politiques
– 1997 – Première candidature législative à Gatundu South – défaite
– 1999 – Nommé président du Kenya Tourism Board
– 2001 – Nommé au Parlement puis ministre des Collectivités locales
– 2002 – Candidat de la KANU à l’élection présidentielle – battu par Mwai Kibaki – devient chef de l’opposition
Fonctions gouvernementales
– 2008 – Devient vice-Premier ministre dans le gouvernement de coalition
– 2008 à 2009 – Ministre du Commerce
– 2009 à 2012 – Ministre des Finances
Présidence du Kenya
– 4 mars 2013 – Remporte l’élection présidentielle avec William Ruto comme colistier
– 9 avril 2013 – Investiture comme quatrième président du Kenya
– 2017 – Ouverture de la ligne ferroviaire à écartement standard Mombasa–Nairobi
– 2017 – Première présidentielle annulée par la Cour suprême puis nouvelle élection remportée
– Mars 2018 – « Handshake » avec Raila Odinga et lancement d’un processus de rapprochement politique
– 13 septembre 2022 – Fin du second mandat et passation du pouvoir à William Ruto
Justice internationale
– 2014 – La Cour pénale internationale retire les charges liées aux violences postélectorales de 2007-2008
Après la présidence
– À partir de 2022 – Implication dans des missions et initiatives diplomatiques régionales de paix
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