Tshisekedi Félix


Tshisekedi Félix

Congolais

Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est un homme d’État congolais né le 13 juin 1963 à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, en République démocratique du Congo. Il est président de la République depuis le 24 janvier 2019 et exerce, depuis janvier 2024, un second mandat. Son parcours politique est indissociable de l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, mouvement d’opposition fondé notamment par son père Étienne Tshisekedi.

Il grandit dans une famille directement engagée dans la contestation du régime de Mobutu Sese Seko. Étienne Tshisekedi devient l’une des figures les plus connues de l’opposition congolaise, ce qui expose sa famille aux pressions du pouvoir et à des périodes de relégation. Félix Tshisekedi connaît ainsi très tôt la dimension concrète de l’engagement politique, tout en vivant une partie de son parcours à l’étranger.

Il rejoint progressivement les structures de l’UDPS et occupe diverses responsabilités au sein du parti. Longtemps, il reste moins médiatisé que son père, mais il acquiert une connaissance interne de l’organisation et des réseaux de l’opposition congolaise. Lors des élections législatives de 2011, il est élu député national. Il refuse toutefois de siéger, suivant la ligne de son parti qui conteste les conditions du scrutin. Son mandat est finalement invalidé en 2013 pour absentéisme.

La mort d’Étienne Tshisekedi en février 2017 bouleverse l’équilibre de l’opposition. Félix Tshisekedi prend une place croissante dans le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement et devient en mars 2017 président de cette coalition. En mars 2018, un congrès extraordinaire de l’UDPS le choisit comme président du parti et candidat à la présidentielle.

À l’approche du scrutin de décembre 2018, plusieurs forces de l’opposition tentent de s’accorder sur une candidature commune. Félix Tshisekedi se retire finalement de l’accord de Genève qui devait soutenir Martin Fayulu et s’allie à Vital Kamerhe. Les deux hommes créent la coalition Cap pour le changement, CACH, qui porte la candidature de Tshisekedi.

Le scrutin présidentiel se tient le 30 décembre 2018. La Commission électorale le proclame vainqueur. Les résultats sont contestés par Martin Fayulu, mais la Cour constitutionnelle confirme l’élection de Félix Tshisekedi. Le 24 janvier 2019, il prête serment et devient le cinquième président de la République démocratique du Congo. Cette cérémonie constitue la première passation pacifique du pouvoir présidentiel dans l’histoire du pays depuis l’indépendance.

Son premier mandat commence dans une configuration politique complexe. Même s’il détient la présidence, les forces proches de l’ancien président Joseph Kabila disposent d’une importante majorité parlementaire. Une coalition de gouvernement est mise en place entre CACH et le Front commun pour le Congo. Les tensions deviennent progressivement plus fortes, jusqu’à la rupture politique de 2020 et à la formation d’une nouvelle majorité autour de l’Union sacrée de la Nation.

Félix Tshisekedi met en avant plusieurs priorités : gratuité de l’enseignement primaire, amélioration des infrastructures, couverture santé, lutte contre la corruption et rétablissement de l’autorité de l’État. La mise en œuvre de ces politiques se heurte cependant aux faiblesses structurelles des institutions, au poids de la pauvreté et surtout à l’insécurité persistante dans l’Est du pays.

Sur le plan continental, il est élu premier vice-président de l’Union africaine en février 2020 avant d’en exercer la présidence tournante en 2021. Il utilise cette fonction pour défendre l’intégration économique africaine, la coopération régionale et la participation accrue de la RDC aux institutions du continent.

L’élection présidentielle du 20 décembre 2023 lui permet d’obtenir un second mandat. Les résultats sont à nouveau contestés par une partie de l’opposition, mais il est officiellement déclaré vainqueur. Le 20 janvier 2024, il prête serment au Stade des Martyrs de Kinshasa et entame un nouveau quinquennat.

Son second mandat reste dominé par la crise sécuritaire de l’Est de la République démocratique du Congo, notamment les combats impliquant le M23 et les tensions régionales. Le gouvernement congolais cherche à combiner action militaire, diplomatie régionale et partenariats internationaux. Les questions de souveraineté, de contrôle des ressources minières et de protection des populations déplacées occupent une place centrale dans le débat national.

En 2026, Félix Tshisekedi demeure président de la République. Il poursuit ses déplacements diplomatiques et ses actions en faveur des investissements, tout en étant confronté aux attentes fortes de la population concernant la sécurité, le coût de la vie, les infrastructures et les services publics. Sa présence aux États-Unis lors de la Coupe du monde de football 2026, à laquelle la RDC participe après une très longue absence, s’inscrit également dans une volonté de valoriser l’image du pays et son unité nationale.

Félix Tshisekedi occupe ainsi une position singulière dans l’histoire politique congolaise. Héritier d’une longue tradition d’opposition, il est devenu chef de l’État dans un système qu’il avait combattu. Son bilan est discuté : ses soutiens mettent en avant l’alternance institutionnelle, la gratuité de l’enseignement et le retour diplomatique de la RDC ; ses adversaires insistent sur les difficultés sécuritaires, les contestations électorales et les limites des réformes. Son second mandat doit déterminer durablement la place de son action dans l’histoire contemporaine du pays.

Parcours politique
– 2011 – Élu député national – refuse de siéger dans le contexte de la contestation électorale
– 2013 – Mandat parlementaire invalidé pour absence
– 2017 – Devient président du Rassemblement après le décès d’Étienne Tshisekedi
– 2018 – Élu président de l’UDPS lors du congrès extraordinaire du parti
– 2018 – Alliance avec Vital Kamerhe et création de la coalition CACH

Présidence de la République
– 30 décembre 2018 – Élection présidentielle remportée selon les résultats officiels
– 24 janvier 2019 – Investiture comme cinquième président de la RDC – première passation pacifique du pouvoir présidentiel
– 2020 – Rupture avec la coalition dominée par les forces de Joseph Kabila et recomposition de la majorité
– 20 décembre 2023 – Réélection lors de l’élection présidentielle
– 20 janvier 2024 – Investiture pour un second mandat
– 2026 – Exerce toujours la présidence de la République démocratique du Congo

Union africaine / Diplomatie
– 9 février 2020 – Élu premier vice-président de l’Union africaine
– 2021 – Président en exercice de l’Union africaine
– 2026 – Activité diplomatique soutenue sur la sécurité régionale et les investissements

Politiques et événements majeurs
– À partir de 2019 – Mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire
– 2024 à 2026 – Second mandat fortement marqué par la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC
– Juin 2026 – Présence aux États-Unis lors de la Coupe du monde de football à laquelle participe la RDC

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