- Channel : VIP Crossing - 11/07/2026
Bah N'Daw devient président de transition : le Mali tente de renouer avec un pouvoir civil
Le 21 septembre 2020, un peu plus d'un mois après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta, le colonel-major à la retraite Bah N'Daw est officiellement désigné président de la transition malienne. Cette nomination marque une étape importante dans le processus de retour à un pouvoir civil, réclamé par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine et plusieurs partenaires internationaux.
Âgé de 70 ans au moment de sa nomination, Bah N'Daw est un ancien officier supérieur de l'armée de l'air malienne. Il a notamment occupé les fonctions de ministre de la Défense avant de poursuivre une carrière dans l'administration militaire. Son profil est perçu comme celui d'un homme d'expérience, capable d'incarner un compromis entre les autorités militaires issues du coup d'État du 18 août 2020 et les exigences de la communauté internationale.
Une transition de 18 mois
La Charte de la transition prévoit une période de dix-huit mois destinée à rétablir les institutions démocratiques, réformer l'État et organiser des élections présidentielles et législatives. Bah N'Daw prête serment le 25 septembre 2020 devant la Cour suprême du Mali. Le colonel Assimi Goïta, chef du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et principal artisan du coup d'État, devient vice-président de la transition. Il conserve un rôle stratégique, notamment sur les questions liées à la défense et à la sécurité.
Un contexte particulièrement difficile
Dès son entrée en fonction, Bah N'Daw doit faire face à une situation extrêmement complexe. Le pays est confronté à une insécurité persistante dans le nord et le centre du Mali, à une crise économique aggravée par les sanctions régionales et aux attentes très fortes d'une population qui espère des réformes profondes après plusieurs mois de contestation. La lutte contre la corruption, la réorganisation des institutions, la restauration de l'autorité de l'État et l'amélioration des conditions de vie figurent parmi les principales priorités affichées par les nouvelles autorités de transition.
Une transition sous étroite surveillance
La nomination de Bah N'Daw permet au Mali d'obtenir une levée progressive des sanctions imposées par la CEDEAO après le coup d'État. Les partenaires internationaux saluent alors la mise en place d'un président civil, tout en rappelant leur exigence de voir la transition respecter le calendrier annoncé. Les autorités de transition s'engagent à conduire des réformes institutionnelles et à préparer le retour à un ordre constitutionnel normal dans les meilleurs délais.
Malgré cette volonté affichée de stabilisation, les relations entre le président Bah N'Daw et le vice-président Assimi Goïta se dégradent progressivement. Des divergences apparaissent sur la conduite de la transition, la composition du gouvernement et la place des militaires dans les nouvelles institutions. Ces tensions atteignent leur point culminant en mai 2021, lorsque Bah N'Daw et son Premier ministre Moctar Ouane sont arrêtés par des militaires. Quelques jours plus tard, ils annoncent leur démission, ouvrant la voie à une nouvelle prise de pouvoir d'Assimi Goïta, qui devient président de la transition.
Une étape importante dans l'histoire politique du Mali
La présidence de Bah N'Daw aura finalement duré un peu plus de huit mois. Si cette période n'a pas permis de stabiliser durablement la situation politique du Mali, elle représente une étape essentielle dans la transition ouverte après le coup d'État d'août 2020.
Son mandat illustre les difficultés rencontrées par les États confrontés à une transition entre un pouvoir militaire et un retour à des institutions civiles, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, économiques et diplomatiques.






















