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Un livre, un rôle dans Capitaine Marleau et dans Meurtre à Marie-Galante

 

VIP Crossing vous propose d'en savoir plus sur Pascal Légitimus à travers son interview. Il nous parle de ses projets en cours et ceux à venir, de ses craintes et ses déceptions. Sa motivation est toujours présente pour apporter ce qu'il a de mieux à offrir pendant qu'il a encore du jus. Un être d'une grande simplicité qu'on a envie de rencontrer. Il se confie sans prétention sur son passé et son souhait de partage sur ses acquis avec la jeune génération.  

 

  De qui vient l’idée de l’Alphabétisier ?    

 

L’idée vient de Gilbert Jouin, c’est un journaliste connu qui manie les mots depuis toujours. C’est également un ami féru de jeu de mots en général. Il est brillant, a fait pas mal de parodies de chansons et nous nous connaissons depuis des années. Il sait que j’aime manier les mots, il m’a donc proposé cette idée qui était au départ de prendre un mot, de rajouter ou d’enlever une lettre. C’est simplement cette partie que nous devions travailler. Par exemple le mot dépôt vente, on ajoute une lettre, ça donne dépôt ventre. Il y a alors une nouvelle définition qui est « femme porteuse ». Ça donne quelque chose qui peut être drôle, jolie, ou philosophique. On a refait tout l’alphabet ainsi. Quand on a vu l’éditeur, je me suis dit que c’était un peu réducteur de faire que ça, donc, nous sommes allés beaucoup plus loin, nous avons décalé et avons posé d’autres rubriques, créé de fausses maximes, de fausses épitaphes. 
Celle de Macron : Hé Manu, tu descends ?... C’est déjà fait ! 
Celle de Jean-Marie Le Pen : Quand je pense que toute ma vie j’ai combattu les Maures…, 
Celle de Bernard-Henry Lévy : Comment trouvez-vous ma pierre Dombasle ?
Ça donnait un nouvel horizon à ce bouquin, nous proposons désormais des parodies de chansons. Celle d’Alain Souchon : Allo, maman bobo - Comment tu m'as fait - J'suis pas beau, est devenu Allo maman bio bio. 
Le résultat est un gros bouquin de 288 pages. Nous l’avons présenté en 2019, « c’est parti comme des petits pains » et il continu de se vendre. Il y a beaucoup de demandes, je continu de faire la promotion sans forcer. Nous sommes chez Michel Laffont et pensons au deuxième volet.
Quand je présente le bouquin, soit on rit, soit on sourit, soit on réfléchit.
Il faut bien réfléchir car il y a des mots qu’on entend, il y a d’autres qu’il faut visualiser, ça peut être un jeu. Pour les enfants, c’est assez croustillant de travailler la langue française qui est très riche, qui bouge beaucoup. Il y a eu beaucoup d’apports Arabe, « un kawa », « kiff kiff », la banlieue y a aussi mis son nez avec le verlan. Elle a beaucoup bougé depuis des siècles, depuis le moyen-âge, avant c’était le latin et elle n’a pas cessé aujourd’hui. Les inconnus y ont un peu participé, lorsque nous avons écrit notre sketch « Cinéma cinéma », un de nos personnages qui s’appelait Toscan s’est « planté » et le mot qui avait été inventé c’est « bouleversifiant ». 
Il a d’ailleurs écrit son autobiographie qui s’appelle Bouleversifiant
Nous espérons qu’un jour l’académie française récupère un de nos mots pour l’intégrer dans le dictionnaire.

 

  Vous écrivez que : « L’endroit où l’on écrit est important. En effet, les mots trissent quand les locaux motivent ; et le mot naît parfois en fonction de la pièce »
Est-ce une expérience personnelle, une constatation issue de vos discussions avec d’autres écrivains ?
Nous avons peut-être là, la solution au problème de la page blanche, une révolution pour le milieu de l’écriture.
Ou vous sentez-vous le mieux pour écrire et quelles sont les meilleures conditions : silence absolu, la vue sur la montagne, la vue sur la mer, l’observation de la foule ? 
 

J’écris depuis que je suis « tout petit », j’ignore d’où cela vient. Depuis l’âge de 12 ans, j’ai des carnets que je garde depuis mon enfance, avec des poèmes, des chansons, des sketchs, des histoires, sans vouloir en faire mon métier. Ce n’est que plus tard, qu’au fur et à mesure que je faisais mon métier que j’ai pris conscience que je pouvais être un auteur en plus d’être un acteur. 
« Pour être acteur il faut être à la hauteur », je fais des jeux de mots.

J’ai aussi eu envie de réaliser car on réalise ce qu’on écrit et on touche ainsi à plusieurs métiers. On n’invente rien, il n’y a que la forme qui change. Entre Victor Hugo et Saint John Perse, ou Lamartine, ces gens parlent de la même chose. Lafontaine parlait de l’environnement et il a une métaphore sur les animaux, le but est dire ce qu’on pense avec une forme, qui est son point de vue. C’est comme la mode, on met un jean, puis on fait un jean déchiré, au moyen–âge, ils avaient tous des guenilles. Aujourd’hui, le jean coute 150€, il y a donc une arnaque, un effet de mode pour ressembler à quelqu’un.

Pourquoi ressembler à quelqu’un alors qu’on a une personnalité ?

Lorsqu’on n’a pas de personnalité, on veut ressembler à d’autres. C’est pour cela qu’on est mal dans sa peau, et ainsi de suite … Il y a une logique à tout ça, qui est d’ailleurs assez intéressante lorsqu’on réfléchit.

Mon métier est d’appuyer là où ça fait mal, faire en sorte que le pus sorte. Jésus, il n’y a eu qu’un, mais on parle encore de lui. Il suffit d’une personne. 

L’inspiration dépend des projets, parfois le phénomène de la page blanche est présente lorsqu’on a une commande, qu’on vous commande quelque chose, le problème de la page blanche est plus récurrent. Si on vous dit par exemple, je veux que tu me pondes un sketch, je veux une chanson dans un mois. Là, c’est compliqué car l’inspiration ça ne vient pas comme ça. Par contre, quand on est dans sa tête seul, et qu’on se dit qu’on a une idée, qu’on a envie de parler de ça, cela permet de choisir la forme, un film, un téléfilm, une pièce de théâtre, une chanson, un poème, un documentaire, …

Je n’ai pas de méthode, je réfléchi beaucoup et après j’écris.

Là, je travail sur le scénario d'un film depuis un an, une histoire qui se passe dans le milieu médical, comme les choses ont beaucoup bougé à cause de la Covid, je m’interroge sur la nécessite d’en parler, est-ce intéressant, quel est l’axe, quel est l’angle, le personnage, comment il va s’exprimer, dans quel lieu ?

On se pose beaucoup de questions, il faut des réponses. 
 

  Mon avis est que la Covid, on peut en parler mais sans en faire le centre de l’histoire  

Je suis tout à fait d’accord car je veux que le film soit intemporel et surtout qu’il soit visible et agréable à regarder dans 20 ans. Et puis, la Covid, je ne suis pas certain qu’elle sera d’actualité.
 

  Vous serez dans Capitaine Marleau avec Mylène Demongeot pour le prochain épisode sur France 3. A vos côté Frédérique Bel. 
Aviez-vous postulé pour le casting ?

Pas du tout, je ne postule jamais. Il y a trop de choses à postuler. Je connais la réalisatrice Josée Dayan, elle m’a toujours dit qu’elle aimerait travailler avec moi, donc chaque fois qu’on se rencontre elle me dit ; je pense à toi. Et cette fois, elle a pensé à moi pour le rôle d’un avocat dans l’épisode qui sera diffusé le 22 octobre. C’est quelqu’un, qui apparemment m’apprécie depuis des années et je savais qu’elle m’avait vu dans autre chose que les inconnus. Dans cette série, plus il y a de Guest-stars, mieux c’est.

 

  Face aux succès des séries policières, envisagez-vous de créer un jour votre propre projet ?  

J’ai fait une série policière il y a quelques années qui s’appelle « crimes en série », j’y jouait le rôle d’un profiler français. Elle a eu du succès car il y a eu 11 épisodes avec des scores de 7 ou 8 millions de téléspectateurs pour France télévision. Elle est devenue culte. Les français sont friands de policiers, je crois qu’ils aiment bien avoir peur. C’est vrai que lorsqu’on est gamin, qu’on nous raconte des histoires d’ogres, de fantômes, les gamins aiment bien avoir des sensations fortes.

Je pense que c’est un peu un retour à l’enfance dans l’inconscient qui fait que les gens aiment avoir des sensations qui les sortent un peu de leur quotidien. Ce que je regrette un peu c’est que c’est souvent très sordide, ma femme a été violée, ma femme a disparu, mon enfant ceci...

Il est toujours question d’histoires sordides et je pense qu’il y en a trop : « trop de trop, tue, le trop ». A un moment donné, il faudrait des choses plus joyeuses, des comédies, où les sujets sont abordés différemments. La critique que je ferais à la télévision française, c’est qu’elle est très anxiogène. Les gens ont du mal à mélanger les genres. Un polar drôle, un drame qui est drôle, on peut faire des choses comme ça. Les Américains arrivent à le faire, mais nous, nous mettons ça dans des cases. Soit c’est drôle, soit c’est de la comédie.

Il y a un nouveau genre qui s’appelle « le dramédie », c’est un mélange mais ce n’est pas facile à faire. Je suis plutôt expert dans ce domaine, parfois on me sollicite mais cela reste rare. Parce que c’est un savoir-faire qui n’est pas facile à assumer. 

Ce qu’il faut, ce sont des histoires humaines, sociales, qui nous élèvent surtout. Voir une série où ma femme a été violée, retrouver le tueur, cela ne m’intéresse pas. J’ai l’impression qu’il y a une volonté de maintenir les gens dans cette espèce de bulle agressive et anxiogène.
En ce qui concerne la production, cela dépend des moments. J’ai été producteur d’Anthony Kavanagh, Stéphane Rousseau, j’ai produit un téléfilm, j’ai aussi produit des films. Je fais beaucoup de choses, on ne sait pas que c’est moi. J’ai produit deux courts métrages qui marchent très bien. Je vais produire mon film que je vais tourner l’année prochaine.

Mon actualité, c’est actuellement le livre, Capitaine Marleau le 22 octobre et Meutre à Marie-Galante qui passera en novembre.
 

  En tant que star, n’avez-vous pas envie de tout envoyer balader, de prendre votre retraite et de vous la couler douce sous les cocotiers ? 

Je me la coule douce en ce moment, ce n’est pas un travail mais une passion. Et là, je suis dans la transmission.

Avant, on est dans la carence affective, on cherche à se faire aimer, on fait des choses. Ensuite vient l’envie de travailler et pour finir on cherche à transmettre. Je suis actuellement professeur dans une école de cinéma, j’ai une trentaine d’élèves jusqu’au mois de juin, je fais des choses différentes, je le fais tant qu’il y a de l’essence. Je ne suis pas forcé.

Mon but n’est pas d’atteindre le sommet, quand il est atteint, on ne peut que redescendre. Mon but, c’est de faire, c’est le chemin qui m’intéresse, c’est de faire les choses, d’agir.

J’ai une famille, j’assume mon rôle de père de mari, j’ai un métier où j’assume mon rôle de transmetteur pour élever un peu les consciences en toute modestie. Je suis là car je sais qu’il y a des jeunes, j’ai souvent entendu : heureusement que vous êtes là car grâce à vous j’ai pu dire que c’était possible. Un peu comme Obama qui est devenu président, on se dit alors qu’on peut être black et avoir de hautes fonctions. Il y a aussi cette notion d’être conscient de faire des choses en transmettant de bonnes valeurs, en étant à sa place.

J’ai un père et une grand-mère qui m’ont « bien élevé », qui m’ont fait comprendre que c’est le travail qui paye avant tout, qu’il faut se respecter et respecter les autres. Une bonne éducation, tout simplement !
 

  Vous parliez d’élever les consciences, en ce moment il n’y pas grand-chose qui pousse à ça. 

Il y en a, ce sont des gens qui sont discrets car en ce moment plus on élève la voix plus vous êtes étouffé. Il y a beaucoup de gens qui existent, qui font de belles choses mais qui restent discrets. Nous ne sommes pas en démocratie, normalement c’est le peuple qui décide mais là, ce n’est plus le cas. Ces gens-là décident à notre place alors que nous ne sommes pas d’accord. Soit disant pour notre bien, en décidant de faire le bien, ils font beaucoup de mal. Donc ça ne va pas. 

Dans toutes mes décisions artistiques, il y a toujours un élément qui fait qu’il y a matière à réfléchir. Ne serait-ce que dans mon livre. 
Pour conclure, je souhaite partager ma motivation, faire comprendre qu’il y a pas mal de choses à venir, je passerai de plus en plus à la réalisation, être le maitre d’œuvre de ce que j’écris parce que je veux entreprendre d’une manière plus concrète.

Il y a pleins de projets, théâtre, cinéma, TV, mais je n’en parle pas trop tant que ce n’est pas édité car, c’est toujours un peu superstitieux de tout dévoiler avant. J’espère surtout réaliser l’année prochaine, le film que j’ai écrit. 

Rendez-vous dans « Meurtre à Marie-Galante »


 

En ce qui concerne « Meurtre à Marie-Galante » qui sera diffusé à la fin de cette année, ce sera la première fois qu’un tournage aura été fait sur cette belle île qui est de plus le fief de ma famille. Un beau cadeau produit par France Zobda et Jean-Lou Monthieux qui proposent des films sur la diversité sur France Télévision

 

Propos recueillis par Wilhem MARTIAL