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Un rôle dans Capitaine Marleau, la pièce KEAN d'Alexandre Dumas, parrain de plusieurs associations,...

 

VIP Crossing vous propose d'en savoir plus sur Alexis Desseaux à travers son interview. Il nous parle de ses projets en cours et ceux à venir, des associations dont il est le parrain, de son ambition. Un homme d'une grande générosité, très intuitif, qui n'a qu'un souhait; en faire plus pour aider les autres.  

 

  Je vais essayer de te cerner et de comprendre qui tu es. Ta première expérience sur scène commence dès l’âge de 10 ans. Cela montre que tu étais très précoce. Il y a-t-il eu un déclic suite à un événement particulier, une pièce, une situation ?    

Je le ressentais car ma mère était une des vedettes principales chez Mayol, elle faisait du Music-Hall et a tout arrêté pour m’élever. Je n’ai connu mon père que des années plus tard. J'ai pu faire sa connaissance vers mes 33 ans. Ma grand-mère Natacha avait un cabaret Russe à Paris. Ma mère s'est occupée de moi seule et même dans les moments difficiles, sa foi et son espérance me permettaient de voir les choses de manière différente. Les autres enfants qui avaient les deux parents étaient souvent dans un univers restreint (télé, ...). Ma mère écrivait des poèmes, des textes. J’ai senti très vite qu’il y avait autre chose, que la vraie liberté, on la trouvait à l’intérieur de soi et pas forcément à l’extérieur des murs.

Lors d'une première expérience dans "Pierre et le Loup" à l'âge de huit ans, je me suis retrouvé sur scène.J'ai apprécié le fait de pouvoir créer un autre personnage. Cette expérience m’a transcendé et c'est certainement à ce moment que j’ai compris qu’il était possible de s’évader de notre quotidien.

 

  Un peu plus tard, tu as pratiqué en même temps la danse classique et la boxe thaïlandaise, comment est-ce possible ? 

C’était hallucinant ! J’avais commencé par du karaté traditionnel (shotokan), ensuite du full-contact car c’était à la mode, de la boxe américaine. J’ai vécu aux Antilles, j’avais 16 ans quand j’en suis revenu. ,J’avais sous le bras, un disque de Peter Tosh, Bob Marley, Jimmy Cliff et d’autres qui n’étaient pas encore connus en France. J’étais fier d’être un peu en avance. 

J’ai développé un peu plus la boxe anglaise, affiné la boxe américaine, fait des stages avec Valera, Zenaf, Bennacef. Les arts martiaux m'ont permis de rencontrer Robert Rite qui était un des pionniers de la boxe thaïlandaise en France, ainsi que Gilles Belloni et d’autres. J'ai été champion de Normandie dans les années 80.

Pour répondre à ta question, en rentrant des Antilles, je m’étais aussi inscrit au conservatoire de Rouen, dans une classe où il y avait des personnes qui sont connues aujourd’hui ; Le Mercier, Dubosc, une super promotion. Comme je continuais la compétition sportive, j'y suis resté 3 ans. J’avais un ami de père Sénégalais et de mère Polonaise qui était aussi intéressé par les sports de combats.  Il faisait déjà de la danse classique. Quand je lui ai demandé si ce n’était pas que pour les filles, "Loin de là", me répondit-il. Il y avait tellement de rigueur dans cette discipline. Bien sûr, on travaillait avec des filles, et je n'hésitais pas à garder mes petits pansements pour être le héros des petites danseuses.

Tu faisais de la barre, des pirouettes, des sauts, mon professeur de danse travaillait beaucoup sur ce qu’on appelle la danse de caractère, c’est de la danse Russe, c’est très dynamique et viril. C’était très intéressant d'avoir à la  fois cette rigueur de la danse classique qui aurait pu  me permettre d'entrer dans un corps de ballet mais le théâtre passait avant tout. La boxe aussi était complémentaire, elle me permettait de mieux maîtriser les rapports de force et d’avoir une  "super" condition physique.

 

  Je vais revenir sur des choses plus récentes. Es-tu toujours parrain des associations Noa Lùu mon combat et Petit Ange Dylan ?  

Je suis toujours le parrain des deux associations, elles ont un point commun, ce sont des maladies rares. Je suis également le parrain de Vivre avec une NIMP (néoplasie myeloproliferative) depuis peu de temps. Il s'agit de cancer du sang à évolution lente ou sans évolution.

J’ai rencontré les parents et les enfants. J'aimerais tellement en faire plus, devenir suffisamment indépendant dans la production pour avoir la capacité de produire une ou plusieurs représentations avec les recettes qui iraient dans ces 3 associations.

Pour Dylan, les soins sont couteux, ce sont les parents qui le soutiennent, qui l’emmènent régulièrement dans la capital pour le soigner. Noa Lùu, c’est pareil, ils doivent souvent se rendre à Paris, elle doit changer ses sondes seule. Ce sont des enfants, ce sont des exemples pour nous. On est souvent là avec nos petits "bobos", on ne se rend pas compte de cette chance d'être en bonne santé. Ce sont vraiment des exemples pour nous ces enfants. Ils sont magnifiques.
 

  Tu seras dans Capitaine Marleau ce vendredi, c’est une invitation ou tu as proposé ta participation dans la série ? 

J’ai travaillé avec José Dayan il y a plusieurs années. Elle me proposait déjà de faire un court-métrage. Trop sollicitée, elle n’avait pas eu le temps et j’ai été très agréablement surpris lorsqu’elle m’a appelé il y a quelques temps pour me proposer un rôle dans la série. J'ai répondu favorablement après la lecture du scénario.

 

  Il y a-t-il d’autres projets autour de la télévision ou du cinéma ? 

En ce moment je suis très impliqué dans le théâtre et la mise en scène, je suis heureux de voir le public en direct. Je reste néanmoins attentif, j’aimerais bien qu’il y ait de nouveaux tournages, mais surtout, que ce soit des choses différentes. Les rôles que joue au théâtre sont magnifiques. J’ai eu de belles expériences que je ne regrette pas avec des primes à 14 millions de téléspectateurs  avec "Julie Lescaut" ou "Joséphine ange gardien", mais maintenant il faut qu’il y ait de l’épaisseur dans les personnages que j’interprète.

 

  Tu préféres être derrière l’écran ou sur scène ? 

Les deux sont très plaisants. Pour le théâtre entre le moment ou tu lis la pièce, que tu l’apprends, les répétitions, la mise en production, après la représentation, les tournées, ça prend plus de temps, c’est génial, c’est la base de mon métier, la réalité de mon travail. Et quand il y a des tournages, tu es présent également, la différence est que tu dois aller à l’essentiel. C’est aussi un challenge que j’aime beaucoup. C’est complémentaire. Quand sur un plan, l’image est serrée, tu dois être aussi dans des intentions plus resserré. J’aime énormément le fait de passer de l’un à l’autre.
 

  Tes partenaires arrivent-ils à suivre ton rythme? Même si c’est le cas, cela doit créer des tensions. Ils doivent te reprocher de ne jamais vouloir t’arrêter. 

Quand je mets en scène, il y a 2 facteurs importants pour être efficace. L’efficacité professionnelle et le facteur humain. Cela ne me suffit pas que ce soit une bonne comédienne ou un bon comédien si derrière je sens qu’il n’y a pas de générosité, une bonne vibration au niveau de la personnalité. Dans le travail, je commence toujours de manière "cool", j’aime qu’on soit maladroit, qu’on cherche, qu’on explore. Le principe des répétitions, j’aime beaucoup cette période.

Ensuite les choses deviennent très vites évidentes, j’ai des visions nettes qui arrivent, qui me surprennent et là je suis en pleine confiance dans l’instant présent. Ça peut être déstabilisant pour les gens qui travaillent avec moi car je deviens "hyper attentif" au moment présent. Les idées arrivent comme si elles étaient guidées. A ce moment là, je deviens plus exigeant. On va à l’essentiel. Pour moi, c’est rassurant car je me sens porté. Je n’aime pas être trop directif au début des répétitions, j'aime qu’on soit suffisamment fort au niveau des intentions et après qu’on fasse confiance aux inspirations qui vont se greffer dessus.

 

  Cela veut dire que les nouveaux comédiens ont moins de chance ? 

Non, j’aime bien rencontrer des gens qui sont semi-pros, nouveaux dans la profession, ….

Là par exemple, pour Saudade, il y a un musicien qui n'avait pas d'expérience théâtrale, il a tout de même un vrai rôle. Ce qui m’intéresse c’est l’efficacité. De temps en temps, je rencontre des pros, je sais que le travail est superbe mais je ne les sens pas disponibles. Ils ont la tête ailleurs, ils ne sont pas prêts à se renouveler, à prendre des risques. Si cela devient des fonctionnaires du jeu, cela ne prendra pas, on ne fait pas ce métier pour être fonctionnaire.

 

  La pièce Kean a décroché 5 nominations aux Molières, et c’est un véritable succès. Tu as le vent en poupe. Quels sont les projets à venir ? 

J’ai 3 ou 4 nouveaux projets de pièces même si Kean revient et reviendra régulièrement. C’est un rôle avec lequel on peut vieillir, évoluer. Comme il m’accompagne déjà depuis 3 ans, qu’on a commencé les répétitions depuis 2018, qu’on a fait 3 théâtres, 3 fois les prolongations et 3 tournées, ça reste un vrai bonheur de le jouer. Dans les projets que j’ai, il y a une pièce de Michel Lopez qui pourrait presque être la continuité de Kean. On le retrouverait à New York quelques années plus tard. C’est assez étonnant, Kean m’a permis de me rendre compte qu'il est le personnage que j’ai envie de jouer. Il est à la fois dans l’exubérance, et dans l'exploration des profondeurs de l'existence. Il se pose des questions profondes, médite sur la confusion qu’il y a entre la fiction et la réalité. C’est un de mes domaines de prédilection, j’aime beaucoup tout ce qui est en rapport avec la conscience, l’éveil de la conscience, la fiction, la réalité, quelle est la part de vérité? C’est quelque chose qui est dans mon quotidien qui est très important, qu’on retrouve dans les 3 mises en scène que je fais cette année.

J’ai "Le choix de âmes", une pièce qui parle de la conscience, il y a aussi "La fuite de cerveau" et une pièce qui pourrait être jouée avec Marie Brunel et Alain Pochet. Nous avons dêjà fait une première lecture.

Je fonctionne à l’intuition et elle est précieuse lorsqu'on sait l’attraper. Elle se transforme en conviction et là, on avance plus sereinement..
 

  Tu seras dans de nombreuses régions, et Rouen dans tout ça. Tu es l’enfant du pays. Comment cela se passe quand tu y retournes? 

Je suis actuellement en Normandie pour la création d'un festival qui aura lieu dans des communes de moins de 12000 habitants.
 

  Quel est ton objectif et qu’est ce qui se cache derrière ce travail, l’envie de devenir une super star, de changer le monde en le rendant meilleur ? 

Faire du théâtre de proximité, être au plus proche des gens que je rencontre, que je touche, que ce ne soit pas superficiel, pas "juste du bla bla". Que ce soit un témoignage vivant, pas seulement de beaux discours et d'être bien entouré.

Je suis comblé de pouvoir faire à la fois des tournages, développer des projets à Paris, à Avignon ou ailleurs. Nous sommes en  pleine création du festival https://www.novembreennormandie.fr et c'est bien entouré de mes 2 Présidentes de la compagnie Cinethéact, Bénédicte Ouvry et Nathalie Lecordier que nous pourrons proposer nos services à d'autres régions, d'autres lieux, faire d'autres programmations. Nous avons d''ailleurs une  piste pour reprendre un théâtre.

 

Propos recueillis par Wilhem MARTIAL