- Channel : VIP Crossing - 12/07/2026
Assimi Goïta écarte Bah N'Daw et Moctar Ouane : le Mali connaît un deuxième coup d'État en moins d'un an
Le Mali replonge dans une nouvelle crise politique. Neuf mois seulement après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta, le colonel Assimi Goïta reprend le contrôle du pouvoir en faisant arrêter le président de la transition Bah N'Daw et le Premier ministre Moctar Ouane. Ce nouvel épisode marque le deuxième coup d'État que connaît le pays en moins d'un an.vLes deux principaux dirigeants de la transition ont été conduits au camp militaire de Kati, haut lieu du pouvoir militaire situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Quelques heures plus tard, Assimi Goïta annonce officiellement assumer les fonctions de président de la transition.
Une crise née d'un remaniement gouvernemental
Les tensions se sont brusquement accélérées après la formation d'un nouveau gouvernement. Bah N'Daw et Moctar Ouane avaient décidé de remplacer plusieurs ministres issus de l'armée, notamment ceux de la Défense et de la Sécurité, sans consulter le vice-président de la transition, Assimi Goïta. Le colonel estime que cette décision constitue une violation de la Charte de la transition et remet en cause les engagements pris après le changement de régime d'août 2020. Quelques heures seulement après l'annonce du remaniement, des militaires interviennent pour arrêter les deux principaux responsables civils de l'exécutif.
Assimi Goïta justifie son intervention
Dans une déclaration télévisée, Assimi Goïta affirme avoir agi afin de préserver la transition et éviter une déstabilisation des institutions. Il accuse Bah N'Daw et Moctar Ouane d'avoir tenté de compromettre le processus engagé depuis plusieurs mois en procédant à des changements gouvernementaux sans concertation avec les autorités militaires. Le nouveau chef de la transition assure que les élections prévues seront maintenues et que la feuille de route de la transition sera respectée.
Le président et le Premier ministre annoncent leur démission
Après plusieurs heures de détention au camp de Kati, Bah N'Daw et Moctar Ouane annoncent leur démission. Leur départ met officiellement fin au gouvernement de transition mis en place après le premier coup d'État d'août 2020. Cette décision ouvre une nouvelle période d'incertitude politique alors que le Mali reste confronté à une grave crise sécuritaire dans le nord et le centre du pays.
Les réactions internationales ne se font pas attendre. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine, les Nations unies, l'Union européenne ainsi que plusieurs partenaires du Mali condamnent cette nouvelle prise de pouvoir par les militaires. Les organisations régionales appellent à la libération des responsables arrêtés, au respect de la transition et à un retour rapide à l'ordre constitutionnel. Plusieurs réunions d'urgence sont organisées afin d'évaluer les conséquences de cette nouvelle crise sur la stabilité du Mali et de l'ensemble du Sahel.
Moins d'un an après le renversement d'Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali connaît un nouveau changement de pouvoir. Cette nouvelle intervention de l'armée soulève de nombreuses interrogations sur l'avenir de la transition et sur la capacité des autorités à conduire le pays vers des élections crédibles. Alors que la situation sécuritaire demeure fragile et que les groupes armés poursuivent leurs activités dans plusieurs régions, tous les regards sont désormais tournés vers Assimi Goïta, devenu le nouvel homme fort du Mali.























