La liste de Shindler
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Elina Löwensohn est une actrice et réalisatrice roumano-américaine née le 11 juillet 1966 à Bucarest. Installée aux États-Unis après son adolescence, elle se forme au théâtre à New York et devient une figure du cinéma indépendant grâce à ses collaborations avec Hal Hartley, notamment Simple Men et Amateur. Elle apparaît également dans La Liste de Schindler, Nadja, La Sagesse des crocodiles, Lourdes, Vénus noire et plusieurs films de Bertrand Mandico. Dans les années 2025 et 2026, elle reste particulièrement active entre cinéma d’auteur français, séries européennes et nouvelles productions.
Löwensohn naît en Roumanie communiste dans une famille marquée par l’histoire de la Shoah. Son père est un survivant des camps nazis. Après sa mort, sa mère cherche à quitter le pays avec elle. L’obtention d’un visa passe par une lutte personnelle difficile, jusqu’à une grève de la faim de sa mère.
La famille finit par émigrer aux États-Unis. Cette rupture géographique devient l’un des éléments structurants de la vie d’Elina. Elle doit apprendre une nouvelle langue et s’adapter à un autre environnement culturel. Cette expérience de déplacement nourrit plus tard plusieurs de ses personnages de femmes étrangères ou marginales.
Après le lycée, elle étudie le théâtre à New York. La scène lui donne une première identité professionnelle. Löwensohn travaille dans plusieurs productions et développe un jeu très intériorisé. Sa voix, son accent et son visage singulier deviennent rapidement des atouts plutôt que des obstacles.
En 1991, Hal Hartley la choisit pour Theory of Achievement. Le réalisateur est alors l’une des figures montantes du cinéma indépendant américain. Son style repose sur des dialogues décalés, des gestes très contrôlés et une ironie sèche. Löwensohn s’accorde parfaitement à cet univers.
Elle poursuit avec Simple Men en 1992. Le film suit deux frères engagés dans une quête liée à leur père et à plusieurs femmes rencontrées en chemin. Löwensohn incarne Elina. Sa présence calme et mystérieuse devient l’un des éléments caractéristiques du film.
La collaboration avec Hartley se prolonge dans Amateur en 1994. Elle y incarne Sofia, femme liée à un réseau criminel et à un homme amnésique. Le film mélange thriller, comédie et réflexion morale. Löwensohn développe un personnage à la fois dur et vulnérable.
Entre ces deux collaborations, Steven Spielberg la choisit pour La Liste de Schindler en 1993. Elle incarne Diana Reiter, architecte juive prisonnière du camp de Płaszów. Dans une scène particulièrement brutale, elle contredit Amon Göth sur des questions de construction. Sa compétence professionnelle ne la protège pas de la violence arbitraire.
Diana Reiter est exécutée sur ordre de Göth, mais ses indications techniques sont ensuite suivies. La scène résume la logique absurde et meurtrière du pouvoir nazi. Löwensohn joue l’architecte avec calme et précision. Son personnage devient l’un des exemples les plus mémorables de l’arbitraire du film.
La participation à La Liste de Schindler possède également une résonance personnelle en raison de l’histoire de son père. Löwensohn ne transforme pourtant jamais cette proximité en effet publicitaire. Elle continue à privilégier le cinéma indépendant. Son parcours reste guidé par les réalisateurs plutôt que par la taille des productions.
En 1994, Nadja de Michael Almereyda lui offre le rôle-titre. Le film revisite le mythe du vampire dans un New York contemporain en noir et blanc. Löwensohn incarne une vampire mélancolique et distante. Le rôle devient culte auprès d’un certain public.
Nadja utilise parfaitement son accent et son étrangeté. Le personnage semble appartenir simultanément au présent et à un autre temps. Löwensohn évite les conventions du vampire séduisant traditionnel. Elle crée une figure plus fragile, ironique et solitaire.
Elle apparaît ensuite dans Basquiat de Julian Schnabel et dans La Sagesse des crocodiles face à Jude Law. Ces films renforcent sa présence dans un cinéma international indépendant. Löwensohn devient une actrice recherchée pour des personnages qui échappent aux catégories habituelles. Elle ne correspond pas aux emplois hollywoodiens standardisés.
Au début des années 2000, elle s’installe davantage en Europe et travaille de plus en plus en France. Cette nouvelle phase lui permet de rejoindre plusieurs cinéastes d’auteur. Elle apparaît dans Lourdes de Jessica Hausner et Vénus noire d’Abdellatif Kechiche. Les rôles sont souvent secondaires mais très précis.
Le théâtre français devient aussi important. Elle joue dans Le Cas de Sophie K, Le Livre d’or de Jan et Contractions. Löwensohn retrouve ainsi la scène après plusieurs années de cinéma. Le travail en français ajoute une nouvelle langue à son parcours artistique.
À partir de 2011, sa collaboration avec Bertrand Mandico devient particulièrement importante. Elle participe à plusieurs courts métrages et créations multiformes. Le cinéma de Mandico mélange corps, couleurs, fantastique et identités instables. Löwensohn y trouve un espace parfaitement adapté à son goût pour les personnages hors normes.
En 2021, After Blue (Paradis sale) lui confie Zora. Le film de Mandico imagine une planète entièrement féminine et développe une esthétique de science-fiction artisanale. Löwensohn s’intègre à cet univers extravagant sans perdre sa sobriété. Le contraste entre son jeu et les décors renforce la puissance du personnage.
En 2023, Conann lui offre Rainer, figure récurrente qui accompagne les différentes incarnations du héros. Le film revisite librement Conan le Barbare à travers des identités féminines. Löwensohn devient une sorte de passeuse entre plusieurs mondes. Sa présence est essentielle à la cohérence de l’œuvre.
La même année, elle apparaît dans La Bête de Bertrand Bonello comme la voyante et dans Captives comme Esther. Ces deux films montrent une activité particulièrement dense. Bonello utilise son aura mystérieuse dans un récit sur la mémoire et l’intelligence artificielle. Captives la replace dans un drame historique.
Elle rejoint aussi la série Parlement comme Carmen. Le programme satirique observe les institutions européennes avec humour. Löwensohn apparaît dans plusieurs saisons et montre un registre plus directement comique. Cette série lui donne une visibilité auprès d’un public différent de celui du cinéma expérimental.
En 2025, elle reprend Carmen dans la quatrième saison de Parlement. Elle apparaît également dans Don’t Let Me Die comme Isabela et dans Bodyhackers comme Dr Pollard. Ces projets prolongent son intérêt pour les corps, la transformation et les récits singuliers. Sa filmographie reste difficile à prévoir.
En 2026, Les Rayons et les Ombres lui confie Tosïa Luchaire. Le film sort en mars et l’inscrit dans une nouvelle production française. En mai, Mi Amor prolonge son actualité. Bloody Tennis la crédite également comme Mary, tandis que La Déviante Comédie appartient aux projets de cette période.
Cette activité montre une carrière particulièrement dynamique à près de soixante ans. Löwensohn ne se contente pas de revisiter les films cultes des années 1990. Elle travaille avec une nouvelle génération de réalisateurs et accepte des univers très expérimentaux. Sa singularité est devenue un véritable capital artistique.
Elle passe également derrière la caméra avec des courts métrages comme L’âme du temps et Odile dans la vallée. La réalisation prolonge son intérêt pour les formes inhabituelles. Même si cette activité reste moins importante que l’interprétation, elle montre une volonté de créer ses propres images.
En 2026, Simple Men, Amateur, Nadja et La Liste de Schindler restent les grands repères de sa période américaine, tandis que After Blue, Conann et La Bête définissent sa maturité européenne. Elina Löwensohn a transformé le déplacement, l’accent et l’étrangeté en forces artistiques. Sa carrière relie ainsi le cinéma indépendant new-yorkais des années 1990 à l’avant-garde française contemporaine.
Parcours et dates clés
Cinéma
– 1992 – Simple Men – Elina
– 1993 – La Liste de Schindler – Diana Reiter
– 1994 – Amateur – Sofia
– 1994 – Nadja – Nadja
– 2009 – Lourdes – participation
– 2010 – Vénus noire – participation
– 2021 – After Blue (Paradis sale) – Zora
– 2023 – Conann – Rainer
– 2023 – La Bête – la voyante
– 2023 – Captives – Esther
– 2025 – Don’t Let Me Die – Isabela
– 2025 – Bodyhackers – Dr Pollard
– 18 mars 2026 – Les Rayons et les Ombres – Tosïa Luchaire
– 6 mai 2026 – Mi Amor – participation
– 2026 – Bloody Tennis – Mary
Télévision / Séries
– 2022 à 2025 – Parlement – Carmen
Réalisation
– 2008 – L’âme du temps – court métrage
– 2012 – Odile dans la vallée – court métrage
Repères personnels
– 11 juillet 1966 – Naissance à Bucarest, Roumanie
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