La liste de Shindler
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Jacek Wójcicki est un acteur, chanteur et ténor polonais né le 21 janvier 1960 à Cracovie. Diplômé de l’école de théâtre de sa ville, il construit une carrière à la frontière du théâtre, de la chanson, du cabaret, du cinéma et du répertoire lyrique. Il est particulièrement associé au cabaret Piwnica pod Baranami, auquel il participe depuis le début des années 1980, et apparaît dans des films comme Ostatni dzwonek, Korczak, La Double Vie de Véronique et La Liste de Schindler. Sa carrière musicale, ses albums et ses spectacles lui donnent une place singulière dans la culture polonaise.
Wójcicki grandit à Cracovie, ville dont la tradition théâtrale et musicale est particulièrement riche. Il s’oriente vers une formation d’acteur et rejoint l’École nationale supérieure de théâtre. Le travail de la voix devient rapidement l’une de ses principales forces. Il possède un timbre capable de passer du cabaret à l’opérette et au répertoire plus classique.
Il obtient son diplôme en 1982. La même période, il commence à travailler au Théâtre Juliusz Słowacki de Cracovie. Cette institution lui donne une expérience professionnelle régulière et un contact avec le grand répertoire. Wójcicki développe une présence scénique très énergique.
Dès 1981, il rejoint également Piwnica pod Baranami. Ce célèbre cabaret artistique de Cracovie constitue l’un des lieux essentiels de la culture polonaise d’après-guerre. Les spectacles mêlent chanson, poésie, satire et improvisation. Wójcicki y trouve un espace parfaitement adapté à son goût pour la musique et le théâtre.
La Piwnica devient l’un des fils les plus durables de sa carrière. Il y chante des textes poétiques, interprète des morceaux humoristiques et participe à des spectacles collectifs. Cette expérience lui permet de développer une relation directe avec le public. Le cabaret devient presque une seconde famille artistique.
Parallèlement, il se produit avec différents ensembles et explore plusieurs formes de musique. Son registre vocal lui permet d’aborder les chansons de Jan Kiepura, l’opérette, les œuvres religieuses et les répertoires populaires. Wójcicki refuse de choisir entre chanteur et acteur. Les deux métiers se nourrissent constamment.
En 1989, il apparaît dans Ostatni dzwonek de Magdalena Łazarkiewicz. Le film suit des lycéens qui utilisent le théâtre et la chanson comme forme de contestation dans la Pologne de la fin du communisme. Wójcicki s’intègre naturellement à un récit où la scène possède une dimension politique. Sa propre expérience de cabaret donne une authenticité particulière.
En 1990, Andrzej Wajda le dirige dans Korczak. Le film consacré au pédagogue Janusz Korczak et à son orphelinat pendant la Shoah lui donne un rôle dans une production historique majeure. Wójcicki rejoint une distribution où de nombreux interprètes polonais doivent travailler avec une grande sobriété. Le film reçoit une forte reconnaissance internationale.
L’année suivante, Krzysztof Kieślowski lui confie un rôle dans La Double Vie de Véronique. Le film relie une jeune chanteuse polonaise et une Française dont les existences semblent mystérieusement connectées. La musique occupe un rôle essentiel dans le récit. La présence de Wójcicki y est donc particulièrement cohérente avec son propre parcours.
La Double Vie de Véronique devient l’un des grands films européens du début des années 1990. Wójcicki participe à un univers où la voix, la musique et l’intuition sont aussi importantes que le dialogue. Cette proximité entre cinéma et chant correspond parfaitement à son identité artistique. Il travaille avec un réalisateur mondialement reconnu sans abandonner ses activités de scène.
En 1992, il publie ou développe Live Character, l’un de ses premiers grands enregistrements associés à son nom. Le disque permet de prolonger ses spectacles au-delà de la scène. Wójcicki construit progressivement une discographie où chansons de cabaret, compositions contemporaines et reprises se mélangent. Le support enregistré complète ses concerts.
En 1993, il apparaît dans La Liste de Schindler comme Henry Rosner. Le personnage est violoniste et appartient à l’univers musical juif du ghetto et du camp. Wójcicki peut utiliser directement sa sensibilité de musicien. Le rôle représente son crédit cinématographique le plus connu à l’étranger.
Le film de Steven Spielberg donne à la musique une place très importante, aussi bien par la partition de John Williams que par les scènes diégétiques. Henry Rosner fait partie de ces personnages pour lesquels la pratique instrumentale devient un élément de survie et d’identité. Wójcicki apporte une crédibilité artistique réelle à cette dimension.
En 1994, il reçoit un troisième prix au Festival national de la chanson polonaise d’Opole. Cette distinction souligne sa reconnaissance comme interprète musical, indépendamment du cinéma. Wójcicki continue à donner de nombreux concerts. Sa voix devient familière à plusieurs générations de public polonais.
Entre 1992 et 1997, il participe également au Kabarecik d’Olga Lipińska. Ce programme télévisé satirique lui offre une nouvelle audience. Wójcicki y utilise son sens du personnage, son humour et ses capacités vocales. La télévision devient ainsi un prolongement du cabaret de scène.
En 1995, il publie Nie bój się anioła. L’album confirme un travail discographique régulier. Il enregistre ensuite d’autres projets et collabore avec plusieurs musiciens. Wójcicki conserve toujours une grande liberté entre chanson sérieuse et humour.
En 1999, il apparaît dans Tygrysy Europy. La série ou production satirique observe les nouveaux riches et les transformations sociales de la Pologne postcommuniste. Wójcicki s’intègre à une comédie très différente des drames historiques de Wajda ou Spielberg. Cette diversité montre son aisance comme acteur de caractère.
En 2006, Piosenki Pana Tenorka devient un nouveau projet musical important, notamment auprès d’un public familial. Wójcicki utilise son sens du personnage et sa voix pour créer un univers accessible aux enfants. Cette capacité à changer de public sans perdre sa personnalité est remarquable. Il traverse ainsi plusieurs générations.
Il continue aussi à participer à des oratorios, concerts religieux et programmes spéciaux. Sa formation d’acteur lui permet d’interpréter les textes avec une grande clarté. Dans son cas, le chant ne se réduit jamais à la qualité vocale. Chaque morceau devient un petit personnage ou une situation.
Au fil des années 2010 et 2020, Jacek Wójcicki reste régulièrement présent sur scène. Piwnica pod Baranami demeure une référence historique de son parcours, même lorsque les concerts prennent d’autres formes. Sa longévité repose sur la relation directe avec le public. Cette activité est parfois moins visible dans les bases de cinéma mais reste essentielle.
En 2026, La Liste de Schindler et La Double Vie de Véronique constituent ses grands crédits internationaux, tandis que Piwnica pod Baranami définit beaucoup mieux son identité artistique en Pologne. Jacek Wójcicki est avant tout un interprète total, capable de jouer, chanter et passer du cabaret à la musique classique. Cette polyvalence explique une carrière qui dépasse largement quarante ans.
Parcours et dates clés
Formation / Théâtre
– 1981 – Début de collaboration avec Piwnica pod Baranami
– 1982 – Diplôme de l’école supérieure de théâtre de Cracovie
– 1982 à 1991 – Théâtre Juliusz Słowacki de Cracovie
Cinéma
– 1989 – Ostatni dzwonek – participation
– 1990 – Korczak – participation
– 1991 – La Double Vie de Véronique – participation
– 1993 – La Liste de Schindler – Henry Rosner
– 1999 – Tygrysy Europy – participation
Musique / Télévision
– 1986 – Troisième prix au Actor Song Review de Wrocław
– 1992 – Live Character – album
– 1992 à 1997 – Kabarecik d’Olga Lipińska – participation
– 1994 – Troisième prix au Festival d’Opole
– 1995 – Nie bój się anioła – album
– 2006 – Piosenki Pana Tenorka – album
Repères personnels
– 21 janvier 1960 – Naissance à Cracovie, Pologne
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